Test du Crosscall Odyssey – Le tank de la gamme des baroudeurs

Publié parAngie Vailenovembre 4, 2018|

S’il existe une gamme de smartphones assez délaissée par les constructeurs considérant les besoins qu’elle satisfait comme marginaux pour le grand public, mais qui a pourtant son intérêt, c’est bien la catégorie des smartphones baroudeurs. Nous avons donc pris la peine de nous y intéresser plus particulièrement au travers de deux tests de smartphones de la marque Crosscall, spécialisée dans cette branche. Nous commencerons par le plus imposant des deux : le Crosscall Odyssey.

Crosscall, c’est d’abord un constructeur français. Positionné sur le marché de l’outdoor (comprenez l’utilisation du smartphone en plein air) . Or, c’est malheureusement en pratiquant des activités d?extérieur que l’on expose le plus son smartphone et quand on aspire à combiner technologies et passion de l’activité en plein air il faut soit faire très attention à son matériel sans interruption, soit avoir beaucoup d’argent. Heureusement, des constructeurs comme Crosscall nous proposent une alternative… L’Odyssey en fait partie.

Packaging du Crosscall Odyssey

Premier contact visuel, le packaging est ce qui constitue notre première impression du produit et celui du Crosscall qui se veut assez sobre et classique au premier coup d’oeil renferme une petite surprise… trouvez l’intrus :

On trouve donc dans la petite boîte en plus du smartphone : le chargeur secteur, le câble USB, le kit mains libres, un jeu de protection prise casque et alimentation de rechange avec la vis en prime, un petit manuel et oui… vous l’avez bien vu, ce cordon étrange rattaché par un mousqueton noir qui comporte une boussole est en réalité ce qui vous permettra de dévisser le cache de la batterie (puisqu’un semblant de tournevis est lié au cordon).

Voilà un aperçu de cet accessoire pour le moins original avec lequel on peut imaginer beaucoup d’applications :

Design/Finitions

Côté design l’Odyssey se porte bien, très bien même étant donné les contraintes imposées par sa carrure monstrueuse (139 x 74.1 x 19 mm). On ne peut que saluer le travail de l’équipe Crosscall devant le rendu impressionnant du smartphone que l’on ne saurait définir autrement qu’en disant de lui qu’il capture véritablement l’essence de la baroude sous toutes ses coutures : le genre de smartphone qu’on pourrait aussi bien trouver dans les mains des soldats de l’armée de terre, d’un professionnel de VTT extrême que d’un ouvrier du bâtiment soucieux d’avoir un outil de travail résistant et performant à la fois.

Pour rentrer dans les détails, l’Odyssey disponible uniquement en noir arbore des lignes géométriques lui donnant son aspect très caractériel et original. Ses bords recouverts de plastiques durs permettant d’absorber les chocs sont également bien travaillés visuellement parlant, découpés en trois arrondis striés de chaque côté rendant le côté robuste du téléphone agréable.

Si le design de ce Crosscall est unique, il est dû en bonne partie à ses vis qui lui donnent clairement de la gueule… Au nombre de quatre à l’avant et deux plus grosses à l’arrière qui servent à ouvrir le cache de la batterie et garantir l’étanchéité de l’appareil. Le cache de la batterie lui-même est original, traversé par des empreintes de pneus et lui procurant pour le coup un cachet remarquable.

Aucune finition n’est laissée au hasard : les prises (casque et alimentation) sont recouvertes par du caoutchouc vissé d’un côté pour le maintenir et détachable de l’autre pour accéder à la prise si besoin est.

Côté ergonomie, même si le smartphone ne file pas facilement entre les doigts grâce à sa structure plastique/caoutchouc assurant une bonne prise en main, sa stature (255 grammes) le rend tout de même encombrant à manipuler et le réserve plutôt aux grandes mains qui en auront une utilisation plus confortable.

Caractéristiques

  • Certification IP68 (le seul de la marque)
  • Résistance aux chocs jusqu’à deux mètres (sauf chocs écran direct)
  • Ecran 4 pouces
  • Processeur Dualcore ARM Cortex – A5 cadencé à 1.15 GHz
  • 768 Mo de RAM
  • 4 Go de mémoire interne extensible 32 Go (via micro SD)
  • Android 4.0.4 (Ice Cream Sandwich)
  • Fonction double SIM
  • Cache de batterie vissé
  • Réseau 3G 900/1900/2100
  • DAS : 0,569 W/kg
  • Capteur 8 Méga Pixels à l’arrière et 5 Méga Pixels à l’avant

Performances

Côté performances on est en dans la moyenne de ce qu’on est en droit d’attendre d’un smartphone baroudeur pour cette tranche de prix. Priorité aux finitions oblige, le budget hardware est plus light et cela se ressent comparé à un smartphone classique de cette gamme de prix. Un processeur ARM Cortex-A5 double c?ur cadencé à 1.15 GHz tournant sous Ice Cream Sandwich (4.0.4) ça ne fait pas décoller un avion, mais c’est suffisant et la concurrence ne propose pas forcément mieux (comme le CAT B15), alors on s’en contentera.

Évidemment, on ne récoltera à titre indicatif qu’un petit 7109 au fameux Antutu Benchmark, le plaçant juste en dessous du Galaxy S2 selon ce test-là (non significatif), mais ce genre de smartphone étant particulier de par sa spécialisation, la comparaison avec d’autres appareils plus classiques n’est absolument pas représentative.

Voilà pour ce qu’il en est des performances internes de l’appareil, mais ce smartphone revêt d’un tout autre intérêt qui se caractérise par ses propriétés résistantes : la certification IP68 étant un atout indéniable dans le jeu de l’Odyssey…

La certification IP68 c’est quoi ? L’IP (ou Indice de Protection) est un Indice qui sert à notifier de l’étanchéité à l’eau et à la poussière d’un appareil. Le premier chiffre (6) variant de 0 à 6 en fonction de l’étanchéité à la poussière de l’appareil, 0 marquant l’absence totale de protection et 6 la protection complète à tout corps étrangers et le second chiffre (8) correspond à l’étanchéité à l’eau, variant quant à elle de 0 à 9/9K, indiquant une protection contre l’immersion prolongée jusqu’à un mètre de profondeur à partir de 8.

Le Crosscall Odyssey est donc totalement imperméable à la poussière et à l’eau jusqu’à 1 mètre et ça, c’est une très bonne nouvelle pour un smartphone tactile.

Mais les performances du tank ne s’arrêtent pas là puisqu’il est également capable de résister à diverses chutes jusqu’à 2 mètres de hauteur, ce qui laisse quand même une bonne marge.

Voyer un aperçu de ce qu’on peut faire sans risque :

Ou encore (même si ça ne se voit pas forcément), totalement immergé :

Autonomie

Si l’Odyssey est aussi massif, ce n’est pas uniquement dû au fait de ses propriétés résistantes, mais aussi à cause (ou grâce) à sa batterie 2930 mAh qui lui procure une autonomie à toute épreuve.

Au cahier des charges : 6 heures d’utilisation en conversation et près de 6 jours en veille… un smartphone qui n’est pas près de vous lâcher le jour où vous vous retrouvez coincé seul en pleine jungle amazonienne !

Écran

Disposant d’un écran 4 pouces, l’Odyssey s’accorde un écran confortable pour sa gamme qui privilégie rarement cet aspect-là du smartphone. En revanche, la résolution de celui-ci n’est pas des plus détaillées avec une définition de 400×800.

Même constat décevant pour la luminosité, les couleurs et les contrastes, on peut dire que l’écran n’est pas le point d’orgue du smartphone qui se rattrape sur d’autres aspects.

A titre de comparaison, voilà la même image affichée par l’Odyssey et mon Nexus 4 par exemple :

À gauche on peut observer la Triumph sur mon Nexus 4 qui sert de repère pour ce test et à droite la même image projetée par le Crosscall Odyssey. On remarque donc bien une différence de notable dans la luminosité, mais aussi dans l’affichage de certains détails et dans la diversité des couleurs.

Caméra

Fier de sa polyvalence, l’Odyssey ne rechigne pas l’épreuve du capteur qui se retrouve trop souvent délaissée par ses concurrents, prétextant le faible intérêt de cet aspect du smartphone dans l’esprit baroudeur qui se veut utile à l?extrême et sans artifices. Ainsi, l’appareil dispose d’un capteur 8 méga pixels à l’arrière et 5 méga pixels à l’avant complété par un flash performant.

Après quelques tests on constate qu’on est clairement pas sur un photo-phone, mais l’appareil produit des photos à peu près satisfaisantes, qui vous suffiront à photographier l’ours que vous aurez tué à mains nues au cours de votre séjour dans la jungle amazonienne.

Expérience utilisateur

La prise en main sur le moyen terme de cet appareil nous délivre un constat assez mitigé du point de vue de l’expérience utilisateur. D’un côté on est un peu frustré d’avoir encore affaire à Ice Cream Sandwich (ICS) en 2014 alors que Jelly Bean qui est contenue dans la majorité des smartphones Android à ce jour propose un confort d’utilisation bien supérieur, mais d’un autre côté on avoue être un peu aveuglé par ce qui nous a amenés à tester ce modèle : La baroude.

Et si nous n’avons pas encore eu l’occasion de tester suffisamment de ses concurrents directs pour dire si oui ou non l’Odyssey pourrait devenir la référence du genre, on peut au moins vous assurer qu’il a les moyens de s’imposer comme l’une des icônes de sa gamme.

Conclusion

Tank du genre, on ne saurait faire plus “anti-tout” que l’Odyssey. C’est probablement l’un des smartphones baroudeurs les plus polyvalents que l’on puisse trouver (même si l’on peut toujours faire mieux) et qui met clairement le paquet sur sa robustesse et sa fiabilité largement perceptible à travers ses finitions remarquables. Pas pingres pour un sou l’équipe de Crosscall propose son modèle phare qu’est l’Odyssey à un prix très honnête (280 euros nu) et vous fait même cadeau d’un petit accessoire indispensable à votre kit de la baroude.

Seul bémol comme on a pu l’évoquer à plusieurs reprises, les performances sous ICS qui sont tout de même à relativiser au regard de ce que propose la concurrence pour un tel prix.

Quoi qu’il en soit, l’Odyssey constitue un très bon et bel outil de travail pour tous ceux qui pratiquent des activités en outdoor.

En revanche, si vous avez besoin d’un smartphone résistant, mais que vous êtes plus dans la demi-mesure, nous ne saurions que trop vous recommander de patienter un petit peu en attendant notre prochain test de la marque Crosscall : L’Element qui arrive dans quelques jours…

Points positifs : 

  • Le design travaillé et les finitions à couper le souffle.
  • La certification IP68
  • La résistance aux chocs à hauteur de deux mètres
  • L’autonomie monstrueuse
  • Le port Micro SD, la fonction double SIM et l’accessoire original fourni avec le smartphone
  • Un prix honnête.

Points négatifs :

  • Ice Cream Sandwich !
  • Les maigres performances délivrées par l’appareil
  • Le poids/Volume

Et vous, vous avez une référence en matière de smartphones baroudeurs ? (PS : Le Nokia 3310 ne compte pas !)

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