Notre review de Wolverine VS Black Cat : Coups de Griffes

Quel choix assez étrange que de faire se rencontrer la Chatte Noire, personnage secondaire de l’univers de l’homme-araignée et Wolverine le mutant griffu des X-Men. Encore plus de vouloir les faire travailler ensemble. Mais c’est le postulat de base qu’ont choisi Jimmy Palmiotti et Justin Gray (Vendredi 13Daughters of Dragon) accompagné au dessin de Joseph Micheal Linser (Dawn) pour ces 2 miniséries, de 3 épisodes chacune, intitulée Claws (l’une datant de 2006 et l’autre de 2011) regroupé au sein de 100% Marvel par Panini Comics.

Wolverine VS Black Cat

Ceux qui ne sont pas des habitués de ces personnages peuvent être rassurés de savoir que ce recueil se déroule hors continuité et que tous les éléments nécessaires à une bonne compréhension sont déjà intégrés à l’histoire et malgré les 5 ans séparant les 2 séries, la seconde démarre directement là où la première s’était arrêtée.

Comment faire pour réunir deux héros si éloignés ? Rien de plus simple, emmenons les deux personnages sur une île sauvage et obligeons-les à s’entraider face à des chasseurs en manque de sensation forte. Alors certes, c’est assez simpliste, mais il y a déjà bien pire pour créer un team-up.

Dès la première page, on comprend que les scénaristes ont décidé de jouer la carte du divertissement et de la légèreté en nous livrant une aventure exotique digne des films du début des années 90. Tous les éléments sont en rendez-vous, le couple de héros qui se mort le nez dés qu’ils le peuvent sous couvert d’une tension sexuelle palpable, des méchants à foison, une surenchère de dangers, de violence et de gags en tout genre.

Dans la deuxième série, nos héros se retrouvent catapulté malgré eux dans le futur alternatif où les Martiens ont envahie la Terre, et vont devoir joindre leurs forces à celle de la rébellion de Killraven afin de repousser els envahisseur et regagner leur ligne temporelle. Là encore, des références cinématographiques sont bien présentent, mais le côté glamour et romantique est bien moins présent.

Seulement, voilà, bien que partant sur une idée de base de l’histoire est bien sympathique, la sauce ne prend pas. Et cela principalement parce que les auteurs ne comprennent pas, ou n’ont pas jugé nécessaire de respecter les codes du genre. Entre les vannes à gogo qui sont ultra-prévisibles, les dialogues plats et les combats insipides, peu de chose vient relever le niveau. En choisissant deux personnages qui n’ont pas grand-chose en commun (si ce n’est de vivre des aventures avec Spider-Man), les auteurs décident de jouer la carte des stéréotypes à mort. La Chatte Noire passe pour une personne très superficielle, ne faisant qu’acte de caution glamour, Wolverine passe pour une sorte d’être introverti ne sachant pas communiquer avec les autres et servant de prétexte à quelque scène dite « d’action », d’où une histoire d’amour entre les deux qui fait pas mal pensé à une romance d’adolescent à base de « je te vanne parce que je t’aime bien », qui peut bien coller entre la Chatte Noire et Spider-Man, mais qui paraît hors de propos quand on remplace Peter Parker par Wolverine.

Logan et Félicia ne sont pas le seul fil rouge de cette histoire, le grand méchant et son acolyte le sont aussi, Arcade et sa compagne Lapin Blanc, mais là aussi le casting des ennemis à encore une fois été fait afin de créer des situations comiques et non pas pour créer un vrai challenge aux héros. Au fil des pages, ce duo de méchant en devient même lassant en devenir complètement désintéressant au point de se faire voler la vedette par les martiens du monde Killraven.

Malgré tout, on arrive à trouver des moments agréables dans cette histoire, particulièrement la mise en situation de nos héros nous montrant à quel point prendre un vol commercial peut-être compliqué pour Wolverine et son squelette en adamantium, ou le dîner en tête à tête entre nos deux héros félins.

Outre son aspect classique, l’un des problèmes principaux de cette histoire est d’essayer de tout miser sur son aspect comique alors que son humour est trop simpliste assez bête et inefficace. Du coup, rien n’est jamais pris au sérieux et le tout crée un manque d’intérêt criant à l’histoire.  D’où un choc encore plus marquant quand on arrive à la seconde série qui essaye d’être bien plus sérieuse, créant par la même une perte de repère. Le lecteur à du coup de mal à s’impliquer dans la lutte de Killraven, et du mal à comprendre l’enjeu pour les 2 héros qui donnent un peu l’impression d’en faire trop.

Malgré tout, la romance entre les deux personnages a du potentiel, et l’on se rend bien compte qu’une attirance « animale » entre ces deux personnages a un vrai sens. Hélas le traitement global et le manque de profondeur qui est donné aux personnages viennent gâcher ce potentiel. Il est cependant agréable de voir certains personnages tel que la Chatte Noire sortir du micro-univers de l’homme-araignée et ne faire plus qu’un avec le reste des héros Marvel.

Du point de vue du dessin malgré une construction assez dynamique, il a là aussi quelques éléments qui viennent un peu ternir le tableau. Si Joseph Micheal Linser sait bien dessiner les femmes, ce que nous savions depuis Dawn, il semblerait qu’il a quelques difficultés quand il s’agit d’autres personnages et encore plus quand il s’agit de Wolverine. On se retrouve avec un Logan devenant un animal assez immonde sur certaines pages, ressemblant à l’union d’un singe velu, d’une bête et de Quasimodo. Heureusement pour le lecteur, entre les deux séries ont voit que le trait de l’artiste s’est beaucoup amélioré, devenant plus fin et plus précis.

De même, le dessinateur se lance dans une réinvention du costume de la Chatte Noire qui est assez inattendu. Il est bien vrai que son costume n’a jamais fait vraiment fait penser à un chat, ce à quoi Linser essaye de remédier en l’affublant d’oreilles de chat et d’un masque lui recouvrant la moitié du visage, lui donnant des yeux irisés. Le résultat est plutôt ridicule à tel point que lors de la 2ème série, les oreilles ne sont plus présentes et le masque redevient similaire à celui qu’on lui connaît alors que l’action des deux séries se déroule le même jour.

La colorisation ne vient pas aider les traits de Joseph Micheal Linse. Dans les 3 premiers numéros, le lecteur a le droit à des aplats de couleurs vives, donnant un style très cartoon alors que les suivants utilisent des tons plus pastels, jouant sur les dégradés et rappelant les différentes couvertures et le travail de Linse sur Dawn. Là encore, on peut voir un manque de cohérence entre les deux époques, et les deux tons abordés dans ce 100% Marvel.

En résumé : Avec ses multiples faiblesses, incohérences entre les deux séries et son écriture non maîtrisée, Wolverine et la Chatte Noire ne savent plus sur quel pied danser. Le risque de décrochage pour le lecteur devient alors très fort.  Après avoir goûté à la légèreté des trois premiers épisodes, ce dernier aura un peu du mal à prendre au sérieux l’investissement des deux héros dans le combat contre les martiens. On est alors en droit de se poser plusieurs questions : Vu les faiblesses de la première série, pourquoi avoir persévéré avec une deuxième série de 3 épisodes, et surtout vu le résultat final, pourquoi publier ces deux séries en 100% Marvel !
Vous l’aurez compris, mettre le nom « Wolverine » sur le devant d’un titre est certes vendeur, mais pas gage de qualité surtout que ce dernier nous a habitués à des team-up bien plus beau et intéressant comme celui avec Spider-Man récemment dans Astonishing Spider-Man & Wolverine. Au final, les « coups de griffes » de Logan et Félicia son aussi dangereux que ceux d’un chaton.  Un titre très dispensable.

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