On était en droit de craindre la nouvelle œuvre cinématographique du responsable du nanarèsque Legion ou de l’assez triste Priest sorti en 2011. Il faut toujours se méfier des responsables d’effets spéciaux talentueux qui se lancent dans la réalisation, de Stephen Fangmeier avec Eragon en passant par les frères Strause sur Alien vs. Predator: Requiem. Aussi humble soit-il avec son micro-budget, on retrouve les producteurs de Sinister et Insidious, récents succès du cinéma d’épouvante américain. Délaissant toute la symbolique chrétienne de ses deux précédents long-métrages pour une histoire d’extraterrestres à la Signes, le Dark Skies de Scott Stewart est sans aucun doute ce qu’il a pu réaliser de plus intéressant et d’abouti jusque là.

L’histoire du film Dark Skies

Synopsis : Dans une banlieue paisible, la famille Barrett voit soudainement sa vie basculer suite à des évènements étranges qui, chaque nuit, viennent troubler la tranquillité de sa maison. Lorsque leur fils cadet évoque un mystérieux « Ogre des sables » lui rendant visite le soir, le quotidien de Daniel et Lacy Barrett tourne alors au cauchemar : ils deviennent victimes d’inquiétants trous de mémoires, et de soudaines pertes de contrôle de leur corps. Ne trouvant aucun soutien autour d’eux, ils se retrouvent impuissants pour affronter ce qui va se révéler être une force extraterrestre cherchant à s’emparer de leurs enfants…

Tout commence dans une banlieue anonyme avec le récit d’une famille lambda qui affronte les difficultés quotidiennes, jusqu’à ce qu’en pleine nuit, Lacy Barrett ne retrouve leur frigo dévalisé, la nourriture éparpillée sur le carrelage de la cuisine. Malheureusement, les incidents se multiplient et leur fils cadet Sam explique que quelqu’un lui rend visite assez souvent. La paranoïa s’installe très vite dans le foyer quand chacun des membres de cette famille sans histoires ne subisse des blackouts ou des visions terrifiantes. Au fait des tendances actuelles, Dark Skies sait user des éléments communs aux films de fantômes et de possession pour bâtir son ambiance initiale, même s’il revient trop souvent à la facilité en abusant des jumps scare.

De plus, on ne nous épargne pas le placement de caméras dans la maison, donnant lieu à plusieurs scènes à la Paranormal Activity. Sans surprise, tous les écrans se brouillent lorsqu’il se passe quelque chose et ces séquences n’ont d’autre utilité que de nous faire sursauter à deux ou trois reprises. Ces digressions dans la mise en scène de Scott Stewart témoignent d’un cruel manque d’intention chez le réalisateur sur son Dark Skies qui ne brille pas non plus par sa qualité visuelle. Avec une esthétique très numérique et une photographie plutôt neutre, on a plus l’impression d’assister à un téléfilm ou un direct-to-video bien budgété qu’à un objet véritablement cinématographique.

Ce dernier a également bien du mal à bâtir des personnages et leur psychologie qu’il compte chambouler plus tard dans son film. Le réalisateur insiste pendant les dix à quinze premières minutes à montrer que la situation financière du couple Barrett va mal, que le père (Josh Hamilton) rame pour trouver un job et que la mère (Keri Russell) peine à convaincre ses clients dans la vente immobilière. L’exemple le plus grossier est celui du fils aîné qui, après avoir regardé un porno avec un pote, rejoue mollement la scène de séduction au moment où il doit embrasser une fille qui lui plaît. Les détails de ce genre sont multiples et ralentissent une histoire qui aurait pu être bien plus efficace.

On ne peut pas blâmer à Dark Skies de n’avoir que des acteurs habitués aux seconds rôles qui ne développe pas d’empathie immédiate. Comme le reste du film, le casting est assez plat, jusqu’à ce que J.K. Simmons apparaisse à l’écran à la dernière minute. Sorte de guest star du film, le patron du Daily Bugle dans la trilogie Spider-man tient ici le rôle ingrat de celui qui a toutes les réponses mais ne peut pas aider directement cette famille en proie à des extraterrestres. Son intervention inspirée tranche avec ce qui a précédé et nous relance idéalement vers un final à la hauteur et un épilogue au cliffanger pas forcément nécessaire.

Même si Dark Skies ne convainc pas toujours, le troisième long-métrage de Scott Stewart reste néanmoins son meilleur.

Technique :

  • Image : Avec des tons gris-bleus assez ternes, l’image du long-métrage n’est pas forcément le matériau idéal pour rendre compte des performances visuelles des masters vidéos. La photographie numérique orchestrée par David Boyd ne présente pas le moindre grain ou relief. Tout est très propre, trop propre pour sortir un peu de l’ordinaire.
  • Son : Alors que le blu-ray propose une VF et une VOST en DTS Master Audio 5.1, le DVD lui passe le 5.1 de la VOST en Dolby Digital et celui de la VF en DTS. On notera aussi la présence d’une piste VF stéréo sur le DVD.
  • Bonus : Communs aux deux éditions, les suppléments sont rapidement parcourus. En plus d’une bande-annonce en Français et d’un court making of promo, on retrouve plusieurs scènes coupées au montage. Un module permet également de découvrir une fin alternative. Scott Stewart la commente en nous expliquant qu’elle a été abandonnée après des retours négatifs auprès de projections test. Même si la production a eu le dernier mot, la fin officielle que possède Dark Skies est quand même meilleure que celle prévue dans le scénario initial.
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