Après le désastreux Alice au pays des merveilles (qui a tout de même apporté plus d’un milliard de dollars de recettes à Disney) et avant Frankenweenie, l’adaptation en long-métrage d’un de ses anciens courts, on retrouve aujourd’hui Tim Burton aux commandes de l’adaptation de la série américaine Dark Shadows. Emmené par Johnny Depp (je vois déjà votre stupéfaction en apprenant cela !), le film relate le retour de Barnabas Collins, jeune aristocrate transformé en vampire au sein du manoir familial. Or, celui-ci ayant été fait prisonnier dans un cercueil durant 200 ans, il se retrouve projeté… en 1972.

L’histoire de Dark Shadows

Synopsis : En 1752, une famille atteinte d’une mystérieuse malédiction quitte Liverpool pour démarrer une nouvelle vie en Amérique. Deux décennies passent, et le fils prodige de la famille règne en maître sur la petite ville de Collinsport, dans le Maine. Tout ou presque réussi à Barnabas, jusqu’au jour où il fait l’erreur de briser le cœur d’Angélique. Sorcière dans tous les sens du terme, elle voue son bien aimé à un sort pire que la mort, la transformation en vampire. 200 ans plus tard, la tombe de Barnabas est accidentellement éventrée. Le vampire retourne alors juger de l’état de son bien, et jure devant les ruines que sont devenues sont manoir qu’il retrouvera sa gloire passée…

On retrouverait presque l’âme du film Les Visiteurs à la vue de ce synopsis tellement les principes de ces deux films peuvent se rejoindre. Mais si le choc des cultures provoquera de nombreux gags, l’essence même du film ne se trouve pas là. Malgré l’aura humoristique qui se dégage par séquences, Dark Shadows quitte parfois son registre léger pour nous plonger dans un film fantastique comme Burton sait (si bien ?) les faire.

Recette inchangée depuis bien longtemps, la combinaison Burton-Depp ne fait pas de miracles ici mais lorsque l’on quitte le grand guignolesque de l’interprète principal, on peut voir que l’acteur est épaulé par un casting ensorceleur qui fait mouche (Eva Green, Michelle Pfeiffer, Chloe Grace Moretz…). Burton semble avoir prit du recul avec son personnage, ce qui rend les autres acteurs plus vivants et moins transparents. Une excellente décision.

Autre point fort du film : sa bande son. Si les compositions de Danny Elfman se trouvent être en demi-tente (surtout lorsque l’on connaît les incroyables partitions qu’Elfman a déjà crée pour les films de Burton), Dark Shadows se voir sublimé par l’emprunt de musiques entraînantes qui sentent bon les années 70 (T-Rex, Barry White, Elton John, The Carpenters…) et qui donnent un nouveau souffle à la filmographie de Burton, ce dernier s’enfermant bien souvent dans son univers. Mais malgré toutes ses qualités, Dark Shadows possède aussi certains défauts. Les hermétiques du cinéma burtonien n’y trouveront surement toujours pas leur compte. Le réalisateur reste en effet très fidèle à lui-même et à ses thèmes fétiches, ici illustrés avec une esthétique déroutante, parfois chatoyante mais qui par moment titillera votre rétine (tout en étant bien loin du massacre artistique qu’a été Alice aux Pays des Merveilles). Autre point positif : le fait que Burton se débarrasse presque totalement des fonds verts pour privilégier un tournage avec des décors en dur. Un choix esthétique qui fait plaisir.

Si Dark Shadows ne marquera pas forcément le grand retour de Tim Burton, il est indispensable de signaler le fait que ce film est ce que le réalisateur ait fait de mieux depuis bien longtemps. En dehors de ses petites longueurs, le film séduit de par son univers de son mélange d’horreur et d’humour qui permettent de passer un bon moment en compagnie d’une pléiade d’acteurs séduisants et d’une bande son qui donne la banane.

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