La Dame de Fer n’est pas un film politique. Comprenez par là qu’il ne s’agit pas d’un long métrage analysant les décisions que Margaret Thatcher a dû prendre durant sa carrière. Vous ne verrez pas de choix stratégiques ou d’explications pointues. Oui il y a de la politique dans ce film. Mais il s’agit d’une interprétation vue à travers la vie de l’ex première femme Premier Ministre de Grande-Bretagne.

Le film la Dame de fer

La maestria de ce film, pas tout à fait à la gloire de l’ancienne Dame de Fer, revient légitimement à la prestation oscarisable de Meryl Streep. Incarnant, bien plus qu’interprétant, Margaret Thatcher, elle sait toucher le public dans la peau vieillie d’une dame touchant la sénilité, tout comme elle restitue toute la froideur politique de l’ex-Première Ministre britannique. C’est au final ce que l’on retiendra le plus après une séance de La Dame de Fer, car côté scénario, même s’il s’agit d’une assez belle histoire d’amour, l’absence de sens politique nuit au film. Meryl Streep a su adopter un accent anglais plus que crédible, une attitude parfaitement réaliste dans la peau de la vieille Margaret Thatcher. Toujours du côté du jeu d’acteur, une mention particulière pour Alexandra Roach, qui interprète la jeune Margaret Roberts, pas encore Thatcher, dans toute la fragilité d’une future leader politique, évoluant dans un milieu masculin impitoyable. Denis Thatcher, vieux, joué par Denis Broadbent est également un pivot essentiel dans ce film. En fantôme un peu loufoque, il apporte la part d’humanité qui rend Margaret Thatcher finalement si humaine.

Dans cette histoire d’une femme dans un monde si masculin à la sortie de la seconde guerre mondiale, La Dame de Fer n’oppose que peu de critique sur ce destin. C’est là où Phyllida Llyod, la réalisatrice, n’atteint pas la grâce. Dans la vision éminemment politique de cette femme. Son parcours, son accession au pouvoir, ses mesures les plus emblématiques et les plus critiquées ne sont vues qu’à travers le prisme de sa vieillesse et son amour perdu, laissant de côté l’opportunité d’appliquer un « droit d’inventaire ». Certes, le scénario n’épargne pas totalement les critiques de l’époque, à travers des images d’archives violentes, illustrant la contestation anglaise, la répression policière et le sang versé dans des conflits marquants.

Si le versant politique laisse à désiré, c’est peut-être car le message du film ne s’y trouve pas. La cadre de la vie de Margaret Thatcher sert avant tout de théâtre à l’histoire anglaise des 40 ans qui ont suivi la Seconde Guerre Mondiale. Hantée dès le départ par le fantôme de son défunt mari, Denis Thatcher, un riche entrepreneur, père des jumeaux Carol et Mark. Ce que l’on voit, c’est le déni de la séparation, le drame de vieillir sans l’être aimé. Il existe des milliers d’histoires, des tonnes de background possibles pour détailler cette sensation d’injustice que d’avoir, quasi nécessairement, à finir ses jours seuls. Mais le fait de l’expliquer à travers ce personnage si controversé qu’est l’Iron Lady nous fait comprendre un élément important : même les personnages les moins aimés, les plus conspués, les membres de nos familles que l’on peut ne pas aimer, sont aussi des gens pour qui la séparation nécessite un effort affectif, un effort moral colossal. Oui, La Dame de Fer est avant tout une histoire sur l’amour et le temps qui passe.

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