[Review Comics] Les Tortues Ninja T1 : Nouveau Départ de Eastman, Waltz et Duncan

[Review Comics] Les Tortues Ninja T1 : Nouveau Départ de Eastman, Waltz et Duncan

Résumé : Le monde a changé pour Léonardo, Donatello, Michelangelo et Raphael. Ce dernier erre dans les rues de New York tandis que ses frères, accompagnés par maître Splinter, sont sur ses traces. Mais une sombre menace plane en la personne du chat de gouttière mutant Old Hob et de son gang de criminels.

Pour beaucoup d’entre nous, les Tortues Ninja sont synonymes de dessin animé, jouets ou film live. Mais avant tout cela il ne faut pas oublier que les tortues étaient avant tout des héros de comics crée par Peter Laird et Kevin Eastman en 1984. Alors quand IDW Publishing et Nickelodeon (détenteur de la licence) ont décidé de faire un reboot de cette série culte, on pouvait être partagé entre peur et joie. Heureusement, on retrouve aux manettes de cette nouvelle série Tom Waltz (Children of the Grave, Zipper) et au dessin Dan  Duncan (Butler, Xenoholics), tous deux épaulés par le dessinateur d’origine Kevin Eastman.

Pour ceux qui ont découvert les tortues par l’intermédiaire du dessin animé, attendez-vous à être bien surpris de par l’aspect mature du titre, mais aussi par les nouvelles origines de la plupart des personnages. Ainsi, Splinter n’a jamais été un humain, mais un rat de laboratoire. April O’Neil la fameuse journaliste de Channel 6 dans le dessin animé est ici une assistante de laboratoire chez Stockgen Laboratories (en somme un rôle scientifique comme dans les comics des années 80). Casey Jones, pour sa part, a toujours une âme de redresseur de torts, mais est aussi un garçon battu par son père. Le tout apporte une certaine cohérence dans la relation entre les personnages et montre que la série se destine avant tout à un public adulte.

Une case en particulier est représentative de ce changement de ton, Raphael, affamé cherche à manger dans une poubelle quand il tombe sur un t-shirt où est imprimé le terme « Cowabunga » (la phrase culte du dessin animé). Il y jette un œil avant de dire « Oh, là, tout faux » et de rejeter le t-shirt. Vous pouvez donc oublier les Cowabunga, comme vous les Tortues Ninja ont mûries. Elles n’hésitent plus à sortir les armes et à blesser leurs adversaires. Cependant, une seule règle prédomine, on ne tue pas.

Dans cette nouvelle version, Splinter et les tortues ne sont pas les seules créatures à avoir été touchées par l’agent mutagène, puisqu’un chat lui aussi a été en contact, faisant de Old Hob un chat humanoïde et le principal adversaire de nos héros par la même occasion. Les puristes pourront se demander où sont Krang, Bebop ou encore Rocksteady et on peut les rassurer, même s’ils ne sont pas présents ce n’est pour autant qu’ils ne sont pas mentionnés et ne feront pas leur apparition dans les prochains épisodes de la série.

D’ailleurs, tout le cœur de ces quatre premiers numéros repose sur le fait de mettre en place ce nouvel univers, d’expliquer pourquoi Raphael se trouve séparé de sa famille et sa rencontre avec le jeune Casey Jones. Cette séparation du reste du groupe est d’ailleurs une très bonne manière d’expliquer le caractère rebelle et si tranché de Raphael. N’ayant pas reçu l’enseignement de Splinter, et ayant connu la dureté de la vie dans de rue, on comprend mieux le personnage qui en devient très attachant.

Ces 4 épisodes prennent vraiment le temps de nous faire découvrir les 4 tortues (même si Raphael reste celui le plus mis en avant), afin de nous les dépeindre au mieux. Ainsi, on peut retrouver certaines caractéristiques propres à la série télévisée, mais le tout est moins archétypal et chacun à sa propre palette de comportement. La dispute entre Léonardo et Donatello en est la parfaite illustration, ce dernier étant beaucoup plus effacé dans le dessin animé. Autre élément perturbant pour les personnes qui n’auraient jamais lu un comics des Tortues Ninja est qu’elles portent toutes un bandana rouge et ce n’est donc plus à la couleur du bandana qu’on fait la distinction, mais bien à la couleur de leur peau, qui présente de belles variations de vert (sinon il reste toujours les armes pour les moins attentifs d’entre nous).

On peut reprocher à ces Tortues Ninja d’avoir un rythme assez lent, même si celui-ci peut se comprendre du fait qu’il y ai pas mal de chose à expliquer que ce soit pour un lectorat qui découvre la licence ou pour les enfants des années 90 qui redécouvrent leurs tortues fétiches. Alors oui on découvre nos tortues adorées, leurs origines, le destin de Raphael, mais à part ça il ne se passe pas grand-chose (particulièrement dans l’épisode 2).

Le trait de Dan Duncan nous offre un style très crayonné avec beaucoup de traits, donnant un côté vibrant aux personnages, qui passe particulièrement bien durant les scènes d’action et encore plus pour les mutants. En effet, on sent le dessinateur peut-être un peu moins en confiance quand il s’agit de dessiner des humains. Le choix de Duncan reste cohérent avec le travail d’Eastman, même si le côté grunge est un peu moins présent. L’artiste arrive à faire exprimer beaucoup d’expressions aux tortues et l’on se surprend même à les reconnaître grâce à cela (Léonardo a une certaine arrogance, Michelangelo toujours un sourire…). Les différents personnages marquent encore plus la rétine puisque les décors sont le plus souvent assez minimalistes ou remplacés par une plage de couleur. Tout ceci n’est pas en soit une marque de faiblesse, mais une volonté de centrer la concentration du lecteur sur les personnages et les bulles, et de ne pas alourdir les pages qui sont très fluides, grâce au découpage d’Eastman. On navigue alors entre des teintes de vert – ocre – violet qui nous rappelle que nos tortues vivent dans les égouts et ne sortent que la nuit.

Au final, ce style, tout en étant fidèle aux origines, colle bien à l’univers de nos Ninja et apporte un peu de fraîcheur par rapport au style mainstream qu’on retrouve bien trop souvent chez les éditeurs de super héros.

En résumé : Le retour des Tortues Ninja est un excellent coup pour IDW, ainsi que pour Soleil US Comics, qui nous offre là l’une des meilleures surprises de ce début d’année. Tout en étant fidèles au matériel d’origine, les auteurs arrivent à explorer de nouvelles voies, à approfondir la psychologie des personnages et nous donnent envie d’en découvrir plus. Espérons que Soleil US Comics nous fera vivre très prochainement la suite des aventures de nos mangeurs de pizza et que l’équipe créative arrivera à garder ce niveau de qualité tout en rendant l’action plus dense. Que vous ayez été fan de ces héros ou que vous soyez néophytes, ce tome des Tortues Ninja est la parfaite occasion de (re)découvrir cet univers et de s’essayer aux comics indépendants.
Points forts:

Le retour d’une licence phare des années 80 & 90
Des personnages matures à la psychologie bien travaillée
Une réécriture des origines assez originale

Points faibles:

Un rythme un peu lent
Un style graphique un peu déroutant
Un peu trop centré sur Raphael

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  • http://twitter.com/DilanNoKaze DilanNoKaze

    Pour l’avoir reçu également de MTV je pense être d’accord avec toi. Graphiquement le style est plus adapté aux phases d’actions et rend bizarrement quand c’est plus calme, c’est tout de même une réécriture originale et sympa à lire.