Après que Brad Bird ait dépoussiéré la licence Mission Impossible en Décembre dernier, c’est au tour d’un autre fils prodige des studios Pixar, Andrew Stanton (Le Monde de Nemo et Wall-E), de réaliser son premier film « live » : une adaptation de la série des romans d’Edgar Rice Burroughs, John Carter of Mars, qui s’avèrent être des œuvres découvertes par le réalisateur dans son enfance. Alors que le centenaire de la publication des romans sera fêté en Octobre, c’est le 7 Mars prochain qu’arrive son adaptation cinématographique. Conviés pour découvrir les premières images du film en ce mois de Janvier, voici nos impressions ainsi qu’un compte-rendu de l’entretien avec Jim Morris, producteur du film, et Taylor Kitsch, interprétant John Carter lui-même.

La présentation du film a été faite par Jim Morris. Ayant déjà travaillé avec Stanton sur Wall-E, le producteur nous fait un rapide rappel sur l’univers de John Carter, dont l’histoire est ici en France peu connue. Après une présentation rapide de la distribution et autres informations de base, Morris s’est tourné directement vers le cœur du sujet : la présentation des extraits du film. Étant donné que les décrire un par un serait d’une évidente inutilité, je vais tenter de condenser mes impressions.

Les extraits présentés présentaient tous des qualités et des défauts. Tout d’abord, j’ai été agréablement surpris par la volonté d’Andrew Stanton d’innover avec son film grâce à des effets de montage agréables et surprenants. Par la suite, on peut voir que cette volonté d’innover s’estompe assez rapidement pour laisser place à une mise en scène plus « simpliste ». Les effets spéciaux s’avéraient être de bonne qualité même si certaines incrustations ou effets visuels paraissaient un peu trop factices. Pour la défense du film, il faut dire que les extraits ne lui faisaient pas honneur, leur qualité d’image étant loin d’être optimale.

Les bouts de films que nous avons pu visionner étaient présentés en 2D. Si le film sera disponible au cinéma en 3D et en IMAX 3D, ce dernier est encore en cours de perfectionnement dans sa version relief. Toutefois, nous avons pu voir la toute nouvelle bande-annonce du film en 3D. Cette dernière se trouvait être d’une très mauvaise qualité… peut être (et on l’espère) à cause du fait que la projection s’est faite à partir d’un ordinateur projeté sur l’écran de cinéma, ce qui explique le rendu désastreux de la 3D (les images scintillaient, ce qui est inimaginable avec les technologies actuelles !). On peut éventuellement blâmer une conversion 3D de piètre qualité faite par les studios Disney (regardez celle d’Alice aux Pays des Merveilles…), qui n’est d’ailleurs pas approuvée par le réalisateur lui-même, qui a annoncé sur Twitter comme quoi il avait réalisé son film en 2D et que c’est Disney qui a décidé de le convertir en relief. Vous savez donc dans quelle version il sera préférable de voir le film pour en profiter le mieux.

Après cette présentation d’images, l’autre point fort de l’évènement était une session de questions/réponses avec Jim Morris et Taylor Kitsch. Outre le discours très évidemment remplit de louanges envers le film, nous avons pu en tirer quelques informations intéressantes.

Si le film a été difficile à tourner, le plus gros défi à relever pour John Carter a été de créer tout un univers. Il faut dire que si l’œuvre original renvoie davantage à un milieu avec des inspirations médiévales, il fallait ici moderniser le tout pour satisfaire la demande actuelle de découvrir un tout nouveau monde. Morris a justifié ce choix par le fait que l’univers de John Carter peut être perçu de différentes manières et cette représentation est la plus pertinente car elle permet d’être plus facilement étoffée.

Comme je le disais juste avant, l’équipe du film est revenu sur la difficulté du tournage : Kitsch a évoqué la présence de scènes tournées sur fond vert (on ne connait pas leur proportion mais on suppose qu’elles seront nombreuses), tandis que Morris est revenu sur un aspect plus technique à propos des scènes aux décors très larges qui impliquent une très bonne organisation.

Autre question inévitable : comment s’est passé la réalisation du premier film « live » d’Andrew Stanton ? D’après l’équipe, très bien ! Les deux hommes ont dévoilé le fait que Stanton travaillait avec beaucoup de dessins préparatoires et autres storyboards. On voit que l’expérience chez Pixar peut porter ses fruits sur ce point là. Le réalisateur aurait aussi été très minutieux sur le fait de se concentrer avant tout sur l’histoire, ses personnages et ses émotions qu’elle produit.

Pour finir sur une anecdote, Jim Morris (anciennement chargé de production dans la société d’effets spéciaux ILM) a rappelé durant l’entretien que Disney avait déjà mit en chantier une adaptation de l’oeuvre d’Edgar Rice Burroughs il y a plusieurs années mais qu’elle fut annulée étant donné que la technologie n’était pas suffisante pour faire un film digne de ce nom. Une fois cette nouvelle version dans les cartons, la première volonté du studio était de repartir à zéro sans toucher aux précédents travaux afin d’approfondir leur nouveau film au maximum.

Cette présentation de John Carter m’a laissé un goût amer. Si le film était (et reste tout de même) prometteur, les extraits présentés montraient un brin d’audace mais aussi des lacunes. On espère que le film ne s’est pas retrouvé édulcoré par Disney pour qu’Andrew Stanton soit capable de nous livrer son film comme il le souhaite et que le scénario soit solide pour que l’on ne se retrouve pas face à un scénario décevant. Mais face à un aussi fort potentiel, la seule chose à dire est : wait & see !

Nadrien

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