Après avoir été inondé d’offres l’année dernière suite à la sortie du très bon Attack the Block, le réalisateur Joe Cornish, a été choisi pour adapter sur grand écran, le best-seller de Neal Stephenson, Snow Crash (Le Samouraï Virtuel). Cornish scénarisera et réalisera cette adaptation, qui se déroule dans un futur proche où les sectes religieuses et les mafias prolifèrent sur fond de désorganisation de l’État fédéral américain et de la plupart des états, ce qui entraîne des flots de réfugiés.
L’histoire est centrée sur Hiro Protagoniste, un pirate informatique qui va tenter d’arrêter un virus appelé Snow Crash, ce virus est transmis de façon visuelle et qui s’attaque directement au système opératoire du cerveau des programmeurs par affichage sur écran de symboles apparemment indéchiffrables.
Le projet est en développement depuis plusieurs années, mais la productrice Kathleen Kennedy (Jurassic Park) a récemment proposé le long-métrage à Cornish, et Deadline indique que les deux feront le film pour le studio de la Paramount. Kennedy est connue pour être l’associé de Steven Spielberg depuis plus de 20 ans, tandis que Cornish a travaillé sur le scénario des Aventures de Tintin pour Spielberg. Toujours du côté scénaristique, le britannique travaille également sur Ant-Man pour Marvel aux côtés d’Edgar Wright.
Résumé : Le roman met en scène une Amérique très proche du moment présent où les sectes religieuses et les mafias prolifèrent sur fond de désorganisation de l’État fédéral américain et de la plupart des états, ce qui entraîne des flots de réfugiés. La religion du pentecôtisme est particulièrement visée car ce mouvement incite ses adeptes à « parler en langues ». La glossolalie est un thème central du roman.
Mêlant théories linguistiques sur les structures profondes du langage, mythes sumériens et hypothèses anthropologiques sur le développement des religions après Babel, le roman imagine un monde apocalyptique où un magnat qui a découvert des moyens de contrôler l’esprit humain s’en sert pour accroître son pouvoir. Son ambition sera contrariée par un hacker devenu provisoirement livreur de pizzas, allié à une experte en anthropologie et neurolinguistique ainsi qu’à une adolescente qui fait des livraisons de courrier ultra-rapides grâce à sa planche à roulette. Le hacker peut fort heureusement compter sur le savoir illimité que lui donne son accès au Métavers, anticipation du Web sous la forme d’un univers virtuel comme Second Life. Le recours à nombre de gadgets high-tech issus du développement des nanotechnologies et du génie biomédical contribue à créer un effet de défamiliarisation typique de la science-fiction1.
Tout en posant des questions sur le fonctionnement du langage, cet ouvrage repose sur l’idée que le cerveau serait sensible à des virus. Toutefois, il ne s’agit pas ici du virus de l’idéologie qui se transmet sous forme linguistique (le mème théorisé par Dawkins), mais d’un virus transmis de façon visuelle et qui s’attaquerait directement au « système opératoire » du cerveau des programmeurs par affichage sur écran de symboles apparemment indéchiffrables (d’où le titre original Snow crash). Il n’y a donc pas lecture, comme le remarque Walter Benn Michaels2, car le cerveau est infecté de la même manière que peut l’être un ordinateur sans rien comprendre à ce qui lui arrive. Tout comme l’ordinateur exécute le programme qu’il est censé « lire », le cerveau du programmeur exécute automatiquement le programme viral à la lecture duquel il se trouve exposé.
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