Aujourd’hui, seconde et dernière partie de notre dossier consacré au personnage Ghost Rider, à l’occasion de la sortie dans les salles la semaine dernière de Ghost Rider : L’esprit de vengeance. Au programme, tous les détails sur la production du premier film, un petit battle entre le long-métrage et le comics. Apprenez à connaître le Rider dans les jeux vidéos, dessins animés et dans la pop culture. Et pour finir en beauté, un excellent guide de lecture pour les débutants !

L’annonce d’un film sur le personnage du Ghost Rider remonte au mois de mai 2000 pendant le Festival de Cannes, lors de l’annonce d’un accord de production entre Crystal Sky Entertainment et l’acteur Jon Voight (Heat, Mission Impossible) pour ledit film. À ce moment-là, il est envisagé que le rôle-titre soit confié à Johnny Depp (Edward aux mains d’argent, Las Vegas Parano).

Par la suite, le projet suit son parcours en étant réécrit par David S. Goyer (Blade, Batman Begins) et l’on parle déjà de Stephen Norrington (Blade, La ligue des gentlemen extraordinaires) à la réalisation. C’est en juin 2001 que le nom de Nicolas Cage (Rock, Next, Kick-Ass) est associé pour la première fois au projet. Apprenant que Johnny Depp va peut-être avoir le rôle, Cage contacte alors le réalisateur pour lui expliquer son intérêt pour le film, étant un grand fan du personnage.

Des problèmes de planning feront que Norrington abandonne le projet, ainsi que Goyer et Cage. Pendant ce temps, Colombia Picture récupère le projet, suite au succès de Spider-Man. Mark Steven Johnson (Daredevil) prend alors la direction du film et rappel Nicolas Cage pour le rôle-titre.

Le film sera pourtant repoussé jusqu’en 2004, en raison d’un script inadapté. Wes Bentley (American Beauty) rejoint alors l’équipe du film pour le rôle de Blackheart, suite à sa rencontre avec le réalisateur, organisée par Colin Farrell (qui a déjà travaillé avec le réalisateur sur Daredevil). C’est ensuite le tour d’Eva Mendes (Hitch, La nuit nous appartient) de rejoindre la troupe pour jouer l’âme sœur de Nicolas Cage, Roxanne.

Le tournage peut alors enfin commencer et la majeure partie du film est tournée à Melbourne en Australie. Quelques scènes supplémentaires seront tournées à Vancouver.

Prévue à l’origine pour le 4 août 2006, la sortie du film sera avancée de 3 semaines pour le 14 juillet 2006, puis finalement reprogrammée au 16 février 2007 afin de ne pas rentrer en concurrence avec d’autres films du studio.

Vouloir transposer le Ghost Rider sur grand écran pouvait être une bonne idée, mais donner le projet à Mark Steven Johnson, responsable du médiocre Daredevil n’était vraiment pas la meilleure chose à faire.

Bien que le film ne soit pas aussi imbuvable qu’Elektra, Ghost Rider n’est pas le meilleur film basé sur un personnage Marvel. Et cela n’a rien à voir avec la qualité des effets spéciaux, qui sont plutôt bien réussis. Non, Ghost Rider échoue pour la même raison que la plupart des mauvais films : une histoire pauvre et des acteurs qui sur jouent.

Nicolas Cage donne tout ce qu’il a dans son rôle, et est ce qu’il y a de mieux dans le film. Même s’il en fait des tonnes et change beaucoup la mentalité du personnage, il impose son empreinte et arrive même à lui donner une âme. Eva Mendes, quant à elle reste assez de marbre dans son rôle de reporter télé et peine à nous convaincre.

Pour sa part, Wes Bentley arrive à être tellement expressif qu’on se demande s’il ne dort pas durant tout le film. Son front plissé devient même la seule chose nous permettant de distinguer Blackeart des autres méchants et de lui donner un semblant d’expression. On a vraiment l’impression que le Rider à plus à faire à un nuisible, qu’à un Némésis. Cependant, il faut reconnaître que ce n’est pas entièrement la faute de Bentley si sa prestation est lamentable tellement chaque réplique qu’il prononce est atroce. Comment avoir peur d’un ennemi, quand vous êtes trop occupé à vous moquer de ce qu’il dit ?

L’histoire d’amour entre Johnny Blaze et la jeune Roxanne est, elle aussi, peu convaincante. Commençant par le cliché du garçon gravant les initiales dans un arbre, elle n’est en fait jamais développée par la suite lorsque les amoureux sont réunis. Et ce ne sont pas les dialogues, assez mauvais qui vont nous faire croire à cette histoire d’amour.

En tant qu’adaptation d’un comic book, Ghost Rider est plutôt fidèle, et ça, grâce à l’implication de Nicolas Cage sur le projet, qui a apporté sa connaissance du personnage à l’écriture du scénario. Loin d’être un succès, Ghost Rider n’est pas pour autant une bouse et vous fera passer un moment sympathique et esquisser quelques sourires (pas toujours volontaires).

Comme on peut s’y attendre, film et comics diffèrent sur pas mal de points. Certaines d’entre elles sont de bonnes initiatives et d’autres de terribles erreurs. Voici quelques un des plus marquants :

Dans le film, ce n’est pas le père adoptif de Johnny Blaze qui est atteint d’un cancer, mais son père biologique. Dans tous les cas, tous deux meurent au court d’une cascade. Alors que les comics parlent peu du cancer, le film en parle beaucoup plus en montrant à plusieurs reprises que le père de Johnny fume trop et semble en mauvaise santé.

Dans les comics, Roxanne est la personne qui va sauver l’âme de Johnny Blaze, mais dans le film, il ne s’agit plus que d’une faible femme que Johnny doit sauver. De plus, le fait que ce ne soit plus le père de Roxanne qui se soit occupé de Johnny met à mal la complicité naturelle qu’on pouvait imaginer entre les Roxanne et lui.

Sous les traits de Nicolas Cage, Johnny Blaze contrôle parfaitement sa transformation en Ghost Rider. Il n’a pas du tout à cohabiter avec un démon en lui. Et dès le début, il maîtrise tous les pouvoirs du Rider, même le Regard d’expiation (qui était à l’origine la marque de fabrique du second Rider et pas celle de Johnny Blaze).

Le personnage de Carter Slade présent dans le film est une référence au Phantom Rider (soit le premier héros de comics à porter le nom de Ghost Rider, et source d’inspiration du Ghost Rider moderne), qui lui aussi a été créé par Roy Thomas et Gary Friedrich. La série (contant 7 numéros seulement) racontait les aventures d’un cowboy justicier vêtu de blanc.

Enfin, le fait d’avoir voulu apporter certaines modifications profondes au personnage de Johnny Blaze a été fatal au film. La principale étant d’avoir changé le fait que Johnny donne son âme volontairement, par le fait qu’il se fait duper par le diable. Car oui, même le diable sait que le papier peut-être bien coupant et qu’une goûte de sang signe un pacte. Faire de Johnny une victime des circonstances plutôt que quelqu’un qui a fait une erreur et doit ensuite se racheter prive le film et le personnage de profondeur. Une décision presque aussi mauvaise que les dialogues de Blackheart. Presque.

Dessins animés

Le Ghost est un personnage habitué à faire des apparitions dans les dessins animés basés sur les personnages Marvel. Cependant, comme la mort, la violence et les pêchés sont les thèmes liés au personnage, il n’a pas souvent eu la chance d’avoir des apparitions longues. Ainsi, on l’a vu faire des apparitions dans Spider-Man & His Amazing Friends, l’incroyable Hulk, ou encore les X-Men. Sa plus longue apparition reste celle dans les Quatre Fantastiques afin de les aider face à Galactus.

Hors univers Marvel cette fois-ci, on peut voir une référence au Ghost Rider dans le dessin animé de Nickelodeon, Danny Phantom. En effet, on peut y voir qu’un des vilains est un fantôme se nommant Johnny et chevauchant une moto spectrale.

Les jeux vidéo

La première apparition du Ghost Rider en jeu vidéo remonte à 1995 dans le beat them all Spider-Man & Venom: Separation Anxiety en tant que personnage de renfort. S’en suit d’autres apparitions dans des titres tels que le Spider-Man d’Activision sur Playstation ou Marvel Super Heroes vs. Street Fighter.

Par la suite, le personnage devient un héros déblocable du premier Marvel : Ultimate Alliance. Il apparaît quand l’équipe du joueur est envoyée dans la dimension de Mephisto, et semble avoir été emprisonné et ne peut être libéré que si l’un des membres de l’équipe du joueur prend sa place.

Le 13 février 2007, 2k Games et Climax Studio réalisent un jeu basé sur le film Ghost Rider, qui s’avère être une suite au film permettant au joueur de jouer le Rider à pied, mais aussi sur sa moto.

Le Ghost Rider est aussi l’un des personnages téléchargeables dans le jeu exclusif à la Playstation 3, Little Big Planet.

Enfin, Johnny Blaze fait aussi une apparition en temps que personnage non jouable dans la fin de Dante du jeu Marvel Vs Capcom 3 Fate of Two Worlds. Puis il devient jouable dans la nouvelle version du jeu.

Le Ghots Rider fait aussi parler de lui dans des jeux n’ayant aucun lien avec l’univers Marvel, comme dans les jeux vidéo Persona 3 et 4, où le joueur peut invoquer une créature nommée, le biker de l’enfer, et ayant une forte ressemblance avec le Ghost Rider. On retrouve même ce personnage dans Shin Megami Tensei III : Nocturne.

Pop Culture

Rien que par son apparence, le Ghost Rider est un personnage qui a su s’inspirer et marquer la pop culture.

S’inspirer tout d’abord, car lorsqu’on écoute la chanson country de Stan Jones, « Ghost Riders in the Sky : A Cowboy Legend », on a du mal à se dire que les créateurs du personnage ne se sont pas inspirés de cette chanson. La ballade raconte l’histoire d’un cowboy au regard de braise, chevauchant un cheval massif aux sabots d’acier, pourchassé par les esprits de cow-boy damnés. L’un d’entre eux l’avertit que s’il ne change pas, il sera damné et devra les rejoindre pour attraper le bétail du diable pour la fin des temps. Cette chanson a été reprise par bon nombre d’artistes tels que Burl Ives, Johnny Cash, R.E.M ou encore Dean Martin. Cette chanson est désormais tellement liée au personnage de Marvel, qu’il s’agit de la musique du générique de fin du film.

Par la suite, d’autres œuvres sont apparut faisant clairement référence au biker des Enfers. Ainsi le groupe punk/électro Suicide lui accordait la chanson « Ghost Rider » sur leur album de 1977. Cette chanson a d’ailleurs été reprise par des groupes tels que Rollins Band ou encore R.E.M.

En 2005, le groupe de filles philippin, Prettier Than Pink, enregistre une ballade intitulée « Johnny Blaze » pour le CD Chop Suey.

Le groupe de rock danois, The Raveonettes possède quant à lui une chanson s’intitulant « Attack of the Ghost Riders ». La référence est poussée au point que l’on peut voir le chanteur du groupe Sune Rose Wagner sous forme de Ghost Rider à la fin du clip de la chanson. Le groupe a aussi repris la chanson « Ghost Rider» sur l’album hommage au groupe Suicide.

Enfin le rappeur et membre du Wu-Tang Clan, Method Man fait souvent référence à lui-même dans ses chansons, sous le terme de « Johnny Blaze » (la chanson la plus notable étant « How High ») ou « Ghost Rider ».


Alors quels sont les épisodes cultes du Ghost Rider à lire pour en connaître plus sur le biker des Enfers ? Top 5 !

5 – Hearts of Darkness & Dark Design

Ces deux one shots racontent l’histoire de Christ Crown’s, une ville qui a vu coulé beaucoup de sang et d’innombrables morts. À travers ces histoires, on en apprend beaucoup sur Blackheart, l’un des méchants les plus importants du Ghost Rider. L’histoire raconte comment Blackheart cherche à s’allier au Ghost Rider, à Wolverine et au Punisher afin de détruire le seigneur de l’enfer, Mephisto et régner à sa place. Ce titre est donc l’occasion de voir une équipe improbable sauver des innocents et arrêter l’ascension d’un démon.

4 – Ghost Rider # 68 (vol. 1)

Cet épisode de la première série du Rider marque le début de la refonte radicale du personnage. L’équipe en place (Roger Stern & Bob Budiansky) en profite pour réécrire les origines du personnage, sous la forme d’une mise à jour, tout en rendant hommage au travail des créateurs d’origine.

Dans cette histoire, Johnny Blaze confesse ses pêchés (et donc ses origines) à un prêtre, et page par page ont nous montre que les choses n’étaient pas ce qu’elles semblaient être. Ce numéro est aussi l’une des pages les plus célèbres de la série, avec la main enflammée du Ghost Rider traversant le panneau du confessionnal afin d’attraper le faux prêtre, qui est en fait un meurtrier.

3 – Ghost Rider de Jason Aaron Omnibus HC

La saga d’Aaron mène le Rider sur une nouvelle route. Johnny Blaze s’y découvre un nouvel ennemi sous la forme du Paradis lui-même. Aaron réécrit à sa manière un large pan de l’histoire du Rider, en amenant le fait qu’il n’y a jamais eu un Rider, mais plusieurs et en créant toute une nouvelle lignée de Riders à travers les siècles et les continents. Rajoutez à cela une bataille épique visant à sceller le sort du Paradis, le retour de l’autre Ghost Rider, Danny Ketch et leur collaboration inattendue contre les anges et vous avez de quoi faire de cette saga un immanquable qui a redéfini le personnage pour le 21e siècle.

2 - Ghost Rider Annual #2

En 1994, avant qu’il ne devienne une superstar dans son domaine, Warren Ellis commençait tout juste sa carrière chez Marvel – et durant cette époque il s’occupait de faire un épisode bouche troue pour l’annual du Ghost Rider. Personne ne pouvait imaginer que cette histoire allait définir à jamais le personnage de l’Épouvantail, montrant son aspect psychopathe et offrant quelques scènes mémorables. Ajoutez à ça le retour tant attendu de l’artiste Javier Saltares, et cet épisode du Ghost Rider devient instantanément un classique.  Et si vous en doutez, la scène où le Rider brise tous les os de l’Épouvantail  puis s’amuse à les bouger, afin que son facteur auto régénérant guérisse les os à la mauvaise place, vaut le coup d’œil à elle toute seule.

1 – Essential Ghost Rider Vol. 1 TPB

Si vous voulez voir les origines du Ghost Rider, alors cette collection est faite pour vous. Celle-ci reprend les origines du Ghost Rider publié dans Marvel Spotlight, les 20 premiers numéros de sa série originale ainsi que Daredevil #138. Pour les puristes du Ghost Rider, ceci est la collection parfaite qui montre la vision que les créateurs avaient de Johnny Blaze et du Ghost Rider. À noter que ce recueil n’existe qu’en noir et blanc.

Alors que Ghost Rider : L’esprit de Vengeance vient juste de sortir on est en droit de se demander si les nouvelles aventures de Nicolas Cage ont redoré un peu le blason de nôtre biker des Enfers. Oscillant entre bandes-annonces qui nous ont rassurés et d’autres qui nous ont apeurés, le résultat était loin d’être joué d’avance. Pour savoir si vous devez courir aux plus vites dans vos salles obscures ou attendre la sortie de DVD, nous vous conseillons de vous plongez de suite dans la critique que nous avons réalisée.

Vincent

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