Synopsis : Sean Anderson, 17 ans, reçoit un message de détresse codé en provenance d’une île mystérieuse dont personne n’a jamais entendu parler… Tout aussi impatient que Sean de savoir d’où vient ce message, Hank, son beau-père, décide de tenter l’aventure ! Ils mettent alors le cap sur le Pacifique Sud, puis sur une destination quasi inconnue, dont personne, ou presque, n’est revenu en vie… C’est une contrée d’une beauté stupéfiante, où vivent d’étranges et effrayantes créatures entre des volcans et des montagnes d’or. Une île qui n’a pas fini de dévoiler tous ses secrets. Accompagnés de Gabato, seul pilote d’hélicoptère prêt à s’embarquer dans l’aventure, et de sa fille Kailani, aussi ravissante qu’intrépide, ils partent à la recherche de cette terre lointaine : ils devront sauver le seul être humain qui y habite et fuir avant qu’un terrible volcan ne submerge l’île et n’enfouisse ses trésors à tout jamais…
Ne sachant sans doute pas comment donner suite à Voyage au centre de la terre. Les financiers qui ont portés ce nouveau projet ont décidés de baser cette aventure sur trois livres ayant une île comme décor: L’île Mystérieuse de Jules Verne, Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift et L’île au trésor Robert Stevenson. Des classiques de la littérature d’aventure qui ont nourris notre enfance. Considérer ces œuvres comme les descriptions d’une véritable île, encore aujourd’hui inconnue, est une idée pas si bête. Alan Moore a bien réussi à construire une œuvre riche et originale en se basant sur une idée assez similaire pour sa Ligue des Gentlemens Extraordinaires.
Mais c’est un scénariste, et c’est le premier élément qui manque à cette seconde aventure: un scénario. On est ici en fait devant un film à l’écriture automatique, sorti probablement des propositions d’un logiciel basique d’aide à l’écriture. L’incroyable succède à l’improbable, et sans parler des péripéties (inexistantes), il est peu crédible de voir un adolescent obtenir sans difficulté de son beau père (un rocher légumineux) un billet d’avion pour l’autre bout de la planète. Alors qu’il n’est pas question de vacances scolaire. De son côté, le beau-père n’a pas non plus de difficulté pour prendre des congés.
C’est le monde merveilleux des exécutives de chez Warner Bros. Découvrir une île inconnue et sauvage est bien plus simple que de prendre un billet d’avion sur l’Internet. Pour eux, un enfant est une entité qui mange des popcorns et leur apporte des dividendes. Les créateurs de ce deuxième opus se sont un peu plus encore éloigné de l’imaginaire des enfants d’aujourd’hui. Définitivement les enfants sont pris pour des idiots et leur parents aussi. Bien qu’il ai été vendu ainsi, on imagine très mal que ce film soit fait pour toute la famille. On comprend bien que Vanessa Hudgens est là pour satisfaire la libido des ados et des pères de famille; mais filmée platement, elle nous fait aucunement tourner la tête comme dans Sucker Punch. Quant à The Rock, qui n’a, le pauvre, que sa masse musculaire pour faire cracker les nanas: il est plutôt facteur d’inquiétude pour n’importe quelle mère de famille qui aurait l’idée d’aller voir ce film. Les plus âgés seront sans doute surpris de comprendre au générique de fin que le papy gâteux qui interprète le grand père du jeune héros est nulle autre que Michael Caine.
Pas de scénario, pas de direction d’acteurs, pas de réalisateur non plus. Même sur la base d’un scénario un peu maigre, un réalisateur peut trouver le moyen de faire le minimum syndical. L’école hollywoodienne est une école très dure qui peut conduire un réalisateur à abandonner son art, mais il renonce rarement a son savoir faire aidé qu’il est par les moyens techniques mis à sa disposition. Il est exceptionnel qu’un cinéaste renonce à tout comme ici. Produit mal fini nous promettant une féerie d’aventures extraordinaires, Voyage au centre de la terre 2 est en fait un cauchemar visuel aux effets spéciaux particulièrement datés (on pense aux FX de Chéri j’ai rétréci les gosses, en moins convainquant) que la 3D n’arrive même pas à sauver du naufrage. On se retrouve devant un nanar rétrograde sans le charisme des acteurs, pourtant pas fameux, des nanars d’autrefois. A fuir.
Gaël
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