Synopsis : Un écrivain au succès déclinant arrive dans une petite ville à l’occasion d’une tournée de promotion. Il découvre qu’un meurtre mystérieux impliquant une jeune fille s’est produit. Une nuit, en rêve, un fantôme nommé V lui raconte une étrange histoire, qui pourrait avoir un rapport avec le meurtre. Il sera surpris d’apprendre que certaines des réponses à ses questions se trouvent dans sa propre vie…
Francis Ford Coppola fait partie de ces rares grands réalisateurs ayant connu de grands succès populaires avec des histoires ancrées dans le réel (« Le Parrain », « Apocalypse Now ») aussi bien qu’avec des scénarios fantastiques (« Dementia 13 », « Bram Stoker’s Dracula ») . Il revient aujourd’hui au fantastique avec « Twixt », mais le réalisateur a changé. Il s’impose désormais trois règles lorsqu’il s’attaque à une nouvelle réalisation : l’histoire de base doit venir de lui, elle doit contenir un élément qui le renvoie à sa propre vie, et le film doit être auto-financé (ce qui le force à limiter son budget et lui accorde un maximum de liberté artistique).
Les premières minutes du film sont plutôt inquiétantes (et pas forcément pour les bonnes raisons) : une petite ville américaine paumée où l’on n’aime pas trop être dérangés, des meurtres horribles perpétrés dans le passé, des jeunes gothiques passionnés de vampirisme qui traînent dans la région et enfin un auteur de romans fantastiques sur le déclin, plus ou moins alcoolique et reconverti dans les histoires de sorcières au public plus large… Le type d’image utilisé (très simple, sans filtre particulier) renforce encore plus l’impression de voir un téléfilm des années 90 inspiré d’un livre de Stephen King, ou un Direct-To-DVD actuel.
Pourtant, quelques éléments étranges maintiennent l’attention du spectateur et les interactions avec les autochtones s’avèrent surprenantes, voire même parfois très drôles. Le film alterne entre ces scènes du quotidien, sans relief particulier, et des rêves du personnage principal (un Val Kilmer plutôt empâté, bien loin de ses rôles physiques d’autrefois). Les séquences oniriques sont différenciées par un passage au noir et blanc, où seules quelques couleurs ressortent ici et là, mais on ressent encore une fois un peu trop fortement le faible budget du film lors de ces scènes.
L’histoire, sans être passionnante, évolue toutefois assez régulièrement pour qu’on ne s’ennuie pas. L’alternance entre les rêves et la réalité aide à maintenir l’intérêt du spectateur, tandis que les éléments de l’histoire se dévoilent petit à petit (même si on a du mal à comprendre où cela nous conduit). Francis Ford Coppola a mélangé divers éléments dans son film : certaines scènes proviennent directement d’un rêve qu’il a fait à Istambul lorsqu’il y séjournait afin de voir s’il pouvait y tourner un film. On y découvre aussi l’admiration du réalisateur pour les œuvres de l’écrivain Edgar Allan Poe (fortement présent dans de nombreux aspects du film), et enfin une part importante du scénario renvoie directement au décès accidentel du propre fils de Coppola.
Pas franchement effrayant ni très original, « Twixt » soulève tout de même des interrogations et révèle certaines qualités lorsque le film prend fin. Il s’avère très difficile de capter toutes les subtilités lors d’un premier visionnage car de nombreux éléments importants étaient bien présent dans le métrage. Mais le spectateur ne possédait pas encore les clés pour les comprendre…
Patchwork étrange entre histoire de fantômes, vampirisme, meurtres macabres et ambiance gothique, « Twixt » risque de décevoir les amateurs de cinéma fantastique percutant. Le film mérite toutefois un second visionnage, à condition de ne pas s’être trop ennuyé lors du premier et de ne pas être trop regardant sur la profondeur du jeu des acteurs. Mais il s’agit tout de même d’un retour en demi-teinte pour un réalisateur de la trempe de Francis Ford Coppola…
Jérôme
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