Synopsis : Au cœur des quartiers pauvres de Jakarta, se trouve une citadelle imprenable dans laquelle se cache le plus dangereux trafiquant du pays. Une équipe de policiers d’élite est envoyée donner l’assaut lors d’un raid secret mené aux premières lueurs du jour. Mais grâce à ses indics, le baron de la drogue est déjà au courant et a eu amplement le temps de se préparer. A l’instant où le groupe d’intervention pénètre dans l’immeuble, le piège se referme : les portes sont condamnées, l’électricité est coupée et une armée d’hommes surentrainés débarque. Piégés dans cet immeuble étouffant, les policiers vont devoir se battre étage après étage pour avoir une chance de survivre.
Précédé d’un bouche à oreille flatteur provenant d’une flopée de festivals de cinéma dans le monde, The Raid arrive, pourtant, en France, avec un sacré handicap : sa renommé. Il faut donc s’enlever de la tête les gros titres des affiches. The Raid est loin d’être une révolution du cinéma d’action, ni ne représente une date charnière de ce genre là. En fait, The Raid est tout simplement un hommage à tout un pan de cinéma d’action, américain ou asiatique dont on avait voulu se débarrasser après le succès de la pop trilogie des Wachowski. Gareth Evans est retourné au fondamentaux : Sam Peckinpah, John McTiernan, John Woo, Tsui Hark ou John Carpenter. D’où une réalisation très sèche et violente servit par un découpage des plus classique.
Loin d’essayer d’épater la galerie comme ont pu le tenter les réalisateurs de la franchise Ong Bak, Gareth Evans se met au service des dieux de la castagne, quitte a ne pas dépasser son statut de technicien. C’est en effet là ou le bas blesse. Par admiration et respect pour Iko Uwais et son art martial, Evans ne fait que filmer une suite de combat, certes extrêmement spectaculaires, mais sans recul et sans donner plus d’épaisseur que cela à son film. Les guns fights de John Woo resteront dans l’histoire du cinéma comme une réactualisation du combat de sabre, et le romantisme kitchoune élève les films d’actions de Woo à une autre dimension. John McTiernan, lui, est passé maître dans l’abstraction du montage et le découpage de ses films d’actions sont un modèle de finesse. A chaque fois chez ces cinéastes, l’idée n’est pas seulement de se limiter à filmer l’action. Sans doute par manque de confiance en lui, espérons le, Evans laisse les défauts de son film en état.
La qualité des films résulte également d’un travail sur le scénario qui est ici inexistant. Ce qui marchait pour New-York 1997 est aujourd’hui signe de beaucoup de paresse. Si encore il n’était question que de pauvreté scénaristique, on pourrait éventuellement parler d’une sorte d’épure de l’histoire. Mais, ici, il ne s’agit pas de cela. Pour preuve la présence de nombreux deus ex machina (expression qui désigne un élément scénaristique, tombant comme un cheveux sur la soupe, permettant au héros de s’en sortir sans encombre ou au contraire d’éliminer un personnage gênant). On est donc plus proche d’une espèce de je m’en foutisme que d’une tentative d’atteindre une certaine abstraction dans l’épure.
Cette attitude timorée du réalisateur, doublé au manque de soin apporté au scénario plombe le film. Loin de rejoindre ses modèles, The Raid n’arrive pas à dépasser son statut de sympathique film série B. The Raid trouvera son public et donnera sans doute l’envie aux jeunes garçons de jouer à The Raid en cours de récréation, mais on peut douter que le film reste au final dans les anales. Bref, le film mérite sans doute pas tout le ramdam qui a été fait sur lui, mais reste un bon choix de divertissement pour les soirées bis à la maison.
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