Synopsis : Rebecca rentre en classe de première dans un pensionnat pour jeunes filles où elle espère prendre un nouveau départ loin du drame qui la hante, le suicide de son père. Dès les premiers jours, son amitié avec la fraîche et innocente Lucy est mise à l’épreuve par l’arrivée d’Ernessa, une belle et mystérieuse Européenne. À mesure qu’Ernessa se rapproche de Lucy, cette dernière semble de plus en plus mal en point : son corps jeune et en pleine santé laisse peu à peu place à une silhouette pâle et maladive, comme vidée de toute substance vitale.
On dit souvent que les adolescentes sont bien plus cruelles entre elles que les garçons, et cette histoire tirée du livre The Moth Diaries écrit par Rachel Klein en 2002 et qui se déroule de nos jours dans un pensionnat de jeunes filles devrait être l’occasion de le constater. Malheureusement le film s’embourbe rapidement dans des querelles plutôt mineures et loin d’être captivantes pour le spectateur. On y voit effectivement un groupe de jeunes filles perturbé par l’arrivée d’une mystérieuse étudiante européenne qui semble renfermer bien des secrets, mais dont les actions concrètes ne dépassent rarement que quelques remarques étranges par ci par là. Après le visionnage complet du film, on réalise d’ailleurs que les différents incidents qui interviennent régulièrement ne sont jamais montrés et qu’on est uniquement témoin des faits accomplis. Cela devrait avoir pour effet d’entretenir le mystère, mais comme il n’y a pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent que des dialogues entre filles, on s’ennuie pas mal même si on aimerait connaître le fin mot de l’histoire.
L’ambiance souvent feutrée du métrage est pourtant plutôt réussie et la mise en scène générale est assez soignée. On n’en attendait pas moins de la réalisatrice Mary Harron qui s’était chargée de l’adaptation du roman culte de Brest Easton Ellis American Psycho avec Christian Bale dans le rôle principal et sortie en 2000. Le problème c’est que dès le départ on ne ressent pas vraiment les liens forts qui unissent les deux amies Rebecca et Lucy, et du coup on ressent encore moins les changements subis par cette dernière, si ce n’est la suspicion grandissante (et pas forcément compréhensible du point de vue du spectateur) de Rebecca interprétée par Sarah Bolger, présente dans les saisons 2 à 4 de la série TV Les Tudors, envers l’énigmatique Ernessa interprétée avec brio par le mannequin Lily Cole, déjà vue dans L’Imaginarium Du Docteur Parnassus en 2009.
Car c’est finalement ce protagoniste qui est de loin le plus intéressant du film : la grande taille de Lily Cole et son regard difficile à interpréter font que la seule présence de son personnage à l’écran captive et entretient un mystère qui peine pourtant à convaincre à cause de son manque de clarté. On note aussi la présence de l’acteur Scott Speedman (rendu célèbre grâce à son personnage Michael Corvin dans la saga Underworld) dans le rôle finalement assez mineur et confus d’un charmant professeur qui ne laisse pas ses élèves insensibles.
Les amateurs de littérature noteront beaucoup de similarités avec le fameux Dracula de Bram Stoker, sans toutefois que les deux histoires s’engagent sur les mêmes thématiques, ce qui a pour effet de perdre encore plus le spectateur qui tente de comprendre le film. Le rythme général est lent, l’histoire contient quelques incohérences mais ce qui déçoit le plus c’est clairement la conclusion : vite expédiée et surtout très en dessous des attentes qu’on pouvait en avoir. On a alors le sentiment d’avoir assisté à une mise en place très longue et inutilement complexe pour un final qui n’a pas grand-chose à dire et qui ne pourra que décevoir les spectateurs qui auront eu la patience d’aller au bout du film. Dommage…
Jérôme
Tags 19éme Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, critique, Ed Pressman, Judy Parfitt, Lily Cole, Mary Harron, Melissa Farman, Rachel Klein, Sarah Bolger, Sarah Gadon, Scott Speedman, The Moth Diaries, Valérie Tian, Wild Bunch






