Synopsis : George, Max et Ricky font partie d’un groupe de rock et rêvent de gloire. En attendant, quand ils ne sont pas en concert ou en répétition, ils travaillent dans les cuisines d’un asile psychiatrique où ils n’ont aucun contact direct avec les patients, des malades extrêmement dangereux. Une nuit, alors qu’une tempête fait rage, le système de sécurité tombe en panne. Les portes s’ouvrent et les occupants de l’asile s’échappent de leurs cellules. Les trois musiciens n’ont alors plus qu’un seul objectif : réussir à survivre.
En voilà un concept qui promet de faire reculer les limites de la violence : de sympathiques musiciens enfermés dans un asile de fous dangereux à l’occasion d’une panne de courant. Forcément, les internés sont des gens dont les limites morales sont bien plus floues que celles du commun des mortel, et rien que pour ça, le réalisateur va pouvoir laisser divaguer son imagination…
Mais avant d’en arriver là, signalons que le réalisateur de The Incident est français et qu’il se nomme Alexandre Courtès. Il fait partie des co-réalisateurs de la comédie Les Infidèles qui sortira sur les écrans français le 29 février prochain et qui fait déjà parler de lui à cause de ses affiches… Le tournage de The Incident a été effectué en langue anglaise et avec des acteurs anglo-saxons dont notamment Rupert Evans dans le rôle de Georges, le principal protagoniste de l’histoire. Malgré la maigre carrière de cet acteur au cinéma pour l’instant, on se souvient tout de même de lui pour son rôle clé du jeune agent du FBI John Myers qui permettait au spectateur de rentrer dans l’univers du premier film Hellboy de Guillermo del Toro.
L’action du film se déroule en 1989 et vu que cela n’a que très peu d’influence sur ce huis-clos de type carcéral, on imagine que la raison se trouve plutôt dans la volonté du scénariste d’éliminer les téléphones portables de l’équation du film. Le tout se déroule principalement à l’intérieur du complexe psychiatrique fictionnel de Sans aux États-Unis, d’où le titre anglais du film (bien que le titre français soit également en anglais) : Incident At Sans Asylum. Même si quelques scènes tournées en extérieurs sont visibles au début du film, ce sont bien évidemment les couloirs froids et monochromes de l’asile qui servent de décor principal au métrage, et ceux-ci deviennent de plus en plus sombres et oppressants à mesure que les événements se succèdent. On pourra toutefois regretter le fait que ces décors soient souvent vides et relativement passe-partout, mais cela est certainement dû au faible budget du métrage…
Deux points sont assez gênants : premièrement l’action met un certain temps avant de démarrer, un peu trop de temps même ! Il est sympathique de vouloir nous présenter les personnages principaux et leur groupe de rock, mais la fameuse panne d’électricité qui va précipiter les événements se fait cruellement attendre durant toute la première demi-heure du film. Et même une fois que le courant est coupé, il faut encore attendre un bon moment pour que les choses commencent à sérieusement dégénérer et du coup la promesse du film ne commence à se concrétiser que dans son tout dernier tiers.
Mais voilà le second point de déception : si quelques scènes effectivement assez violentes finissent enfin par faire leur apparition, elles sont tout de mêmes relativement clairsemées et on est loin d’atteindre le niveau de brutalité que laissait présager le concept du film…
The Incident est donc plutôt décevant au final ! Lent, prévisible et pas aussi généreux qu’on pouvait l’espérer, le film est finalement assez creux et passe à côté du sentiment d’oppression qu’il devrait générer. Les acteurs sont toutefois plutôt bons et la lumière générale est assez réussie, mais ça n’est pas suffisant ! On suivra tout de même avec intérêt les futures réalisations d’Alexandre Courtès pour voir s’il arrive à corriger ses défauts de débutant…
Jérôme
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