Synopsis : Dans Taken, Bryan Mills, ex-agent de la CIA aux compétences si particulières, a réussi à arracher sa fille des mains d’un gang mafieux. Un an plus tard, le chef du clan réclame vengeance. Cette fois-ci, c’est après lui qu’ils en ont.

Après s’être chargé du troisième Transporteur et de mettre en scène la belle Zoë Saldana dans Colombiana, Olivier Mégaton a donc répondu présent pour réaliser la dernière grosse production estampillée Europacorp. Car fort du succès international du premier Taken signé Pierre Morel, Luc Besson a dû trouver indispensable d’en faire une suite. Comme pour ses sagas sur des chauffeurs de voitures en T (Taxi, Transporteur), la recette ne change pas pour Taken 2 (ah tiens, encore un « T » comme c’est étrange): on prend les mêmes et on recommence. Sauf que cette fois, l’action ne se déroule plus en zone neutre comme l’était Paris, mais à Istanbul, un terrain hostile et corrompu, où n’importe qui peut être de mèche avec des mafieux albanais et donc devenir une cible potentielle pour Liam « Jack Bauer » Neeson.

Tout d’abord, Taken 2 souffre des mêmes problèmes d’écriture que son aîné, à ceci près qu’ils y sont encore plus accentués par moment. Taken avait essayé de jouer entre les différentes langues parlées (Anglais, Français, Albanais…), même si certains passages finissaient sans logique intégralement en Anglais. Dans ce numéro deux, le chef du gang parle à ses troupes dans un Anglais fluide, légèrement accentué, dès la première scène du film. Ensuite, quitte à être incohérent, les Albanais parlent également entre eux dans leur propre langue, seulement pas longtemps et que dans des séquences sans intérêt qui n’ont même pas besoin d’être sous-titrées. C’est regrettable.

Chez Morel, on avait réussi à éviter l’accordéon ou entendre la Marseillaise à chaque plan de Paris. Chez Mégaton, par contre, les clichés culturels sont légion. Ce qui fait paraître le premier acte encore plus long où la vie de papa gâteau un brin obsessionnel de Mills est dépeinte dans un Los Angeles beverlyhillsien fantasmé. Alors que Taken nous offrait un aperçu des talents du héros lors de l’exfiltration d’une pop star à la fin d’un concert, dans ce deuxième épisode il ne se passe rien. Et ce n’est pas en rallongeant la présentation du quotidien monotone des personnages que nous allons encore plus nous attacher à eux. On sait bien qu’à la fin du film, on pourra constater une nette chute démographique de la population albanaise.

Normalement, quand on va voir Taken 2, on vient pour la baston! On y est bien servi. Il aurait été toutefois préférable de rentrer plus rapidement dans le vif du sujet. Les trente premières minutes du film sont bercées d’un aller-retour entre la vie plan-plan de Mills et la préparation du plan machiavélique du clan mafieux, illustrée par des scènes que l’on a déjà vu un million de fois. Le tout est rythmé par une bande originale qui, à chaque changement de séquence, nous sort une grosse percussion dramatisante. Mais au bout de la vingtième… ça en devient dramatique. D’autant que le reste de la musique est assez poussif et dessert l’émotion qui pourrait naître dans les scènes de haute tension, sachant que le montage clipé surdécoupe inutilement certaines scènes, telles l’ouverture du film avec un camion qui grimpe dans le relief Albanais et couvert sous quinze angles différents. On passera sur les références musicales au film Drive de Nicolas Winding Refn, avec la présence des morceaux « A Real Hero » et « Tick the Clock » ou bien la musique de la dernière pub Internet Explorer en générique de fin. Cela ne nous regarde pas.

Le fait que ce soit au tour de Bryan Mills et de son ex-femme d’être enlevés, on était en droit d’espérer que l’histoire serait différente du premier volet. Pourtant, l’ordre des choses se remet vite en place et Liam Neeson coure de nouveau après les méchants pour les abattre froidement jusqu’au dernier. Mais notre héros saura trouver ses limites, enfin presque, en sortant à la fin tout de même une réplique du style « I’m too old for this shit », tel un Charles Bronson que l’on aurait croisé au détour d’un épisode de l’Arme fatale. Néanmoins, malgré son âge, Mills distribue les balles et les pains comme à la fête foraine. Cependant, à trop regarder son retour image, Olivier Mégaton aurait dû sans doute jeter un coup d’œil sur le scénario avant de le tourner. Cela lui aurait évité quelques incohérences grossières, notamment avec le personnage de la fille interprété par Maggie Grace. D’un côté, qu’elle balance des grenades à travers Istanbul à la demande de son père, pourquoi pas. De l’autre, après avoir raté son permis deux fois avec une boîte automatique, elle se transforme en un instant en pilote d’exception sur une boîte manuelle dans une course-poursuite frénétique en voiture dans les étroites ruelles de la ville. Mais bon, ça c’est du détail. C’est pas important quoi…

Au final, avec un premier acte interminable et une suite invraisemblable de péripéties, Taken 2 ne plaira qu’aux fans du premier opus et aura bien du mal à trouver un public plus large. Surtout qu’avec les mêmes ingrédients pour la même mixture bourrine et fadasse, cette suite arrive quand même à être encore plus incohérente.  Mais rassurez-vous, Luc Besson a su glisser subtilement dans derniers les lignes de dialogues comme quoi il restait encore de la famille mafieuse qui crierait re-vengeance dans un très probable Taken 3. Liam Neeson n’a pas fini de casser en masse de l’albanais autour du monde.

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