Synopsis : C’est le plus beau jour de leur vie : Koldo et Clara se marient ! Entourés de leur famille et de tous leurs amis, ils célèbrent l’événement dans une somptueuse propriété à la campagne. Mais tandis que la soirée bat son plein, certains invités commencent à montrer les signes d’une étrange maladie. En quelques instants, une terrifiante vague de violence s’abat sur la fête et le rêve vire au cauchemar… Séparés au milieu de ce chaos, les mariés se lancent alors, au péril de leur vie, dans une quête désespérée pour se retrouver…
Au départ REC est un film d’épouvante efficace mêlant habilement les superstitions typiques du catholicisme espagnol en jouant des codes d’autres sous-genres de l’épouvante: les zombies, les fantômes et la maison hantée. Sous forme de found-footage très à l’air du temps, le film est une belle surprise. L’histoire, cependant, se devait de s’arrêter là. Le succès aidant, les réalisateurs ont finalement peu hésité a réaliser une suite directe. Celle-ci se déroule, tel 24h Chrono, deux minutes après le générique de fin du premier. Les réalisateurs, en suivant une brigade d’intervention spéciale lourdement armée et équipée de casques munis de caméras, ont tentés (toujours aussi habillement) une relecture d’Aliens de James Cameron. Résultat un film sec, percutant, sans doute le plus réussi de la saga. S’étant parjurés une première fois, il n’y plus de raison de les croire dorénavant, une suite à REC2 était inévitable.
Pourtant, après plusieurs années attaché à REC, Jaume Balaguero a voulu s’aérer en réalisant l’hitchcockien Malveillance avec la belle Marta Etura (à l’affiche du sublime Eva) et l’intriguant Luis Tosar (Ne Dis Rien, Mes Chers Voisins). Paco Plaza, lui, pensait ne pas avoir suffisamment exploité leur univers horrifique et c’est pourquoi les deux hommes ont décidés de mettre en chantier REC3: Genesis. Balaguero, à la production, soutien Paco Plaza, seul aux commandes. Cette nouvelle répartition des taches est une des heureuses surprises de ce nouvel opus. Bicéphales les deux premiers films étaient les fruits délicieux du consensus. REC3 est une plongée dans le cerveau d’un enfant de la Movida à l’opposé de l’ambiance tendue des deux précédents. Laissé libre, l’esprit Plaza, mixe le mélodrame à la Almodovar et le gore décomplexé d’Action Mutante ou du Jour de la Bête d’Alex de la Iglesias.
Le spectateur, qui s’attend s’accrocher à son siège, risque d’être déçu. Celui qui veut se détendre sans trop réfléchir prendra volontiers son pied. REC3 est une récréation très agréable qui provoque le rire plus qu’il ne nous émeut, mais qui réussi son paris de garder la franchise a un niveau de qualité appréciable. Surtout en divorçant de l’univers visuel de REC, il permet de déjouer les attentes du spectateur qui commence à s’ennuyer ferme face au found-footage (Projet X) tout en enrichissant l’univers de la saga de nouvelles références visuelles tel que le giallo et la bande dessinée. Paco Plaza substitue à nos regards l’univers de la franchise par un monde qui s’accorde à ses désirs. Une démarche, finalement assez proche de ces auteurs de comics qui à partir d’un cahiers des charges bien balisé en donne une vision originale. L’essence est la même, mais visuellement cela n’a plus rien à voir. Si REC2 est une relecture d’Aliens, REC3 est l’Alien4 de la franchise. Un film totalement pop. Bref, un film à la modestie jouissive qui donne à la saga une fraîcheur assez unique dans l’univers des saga horrifiques. En 2013, c’est au tour de Jaume Balaguero de prendre le contrôle de la franchise et gageons que le film nous surprendra tout autant. Mais, pour REC:Apocalypse, plus question de rigoler.
Gaël
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