Synopsis : Lorsque le député chevronné Cam Brady commet une gaffe monumentale en public à l’approche des élections, un tandem de PDG milliardaires entend bien en profiter pour placer leur candidat et étendre leur influence sur leur fief, en Caroline du Nord. Leur homme n’est autre que le candide Marty Huggins qui dirige l’office du tourisme du coin. Si, au départ, Marty ne semble pas le candidat idéal, il ne tarde pas à se révéler un redoutable concurrent pour le charismatique Cam grâce à l’aide de ses bienfaiteurs, d’un directeur de campagne sans vergogne et des relations de ses parents dans la politique. Alors que le jour du scrutin approche, les deux hommes s’engagent dans un combat impitoyable : désormais, tous les coups sont permis entre Cam et Marty qui n’hésitent plus à s’insulter et à en venir aux mains dans un affrontement à mort. Car dans cet univers où la déontologie n’existe plus depuis bien longtemps, la politique prouve qu’on peut encore faire reculer les limites des pires bassesses…

Qu’attendre d’un combat politique entre Will Ferrell et Zach Galifianakis ? Seuls les amateurs d’humour US savent bien que bouffonneries et humour potache seront au rendez-vous. Surtout si l’on retrouve à la mise en scène Jay Roach, réalisateur des Austin Powers ou de la série Mon beau-père et moi. D’un côté, humoriste fort méconnu par chez nous qui est capable de shows incroyables, Will Ferrell interprète Cam Brady, le politicien réélu en permanence à son poste de député à Washington. De l’autre, révélé par son rôle de futur beau-frère excentrique dans Very Bad Trip, Zach Galifianakis est lui Marty Huggins, l’outsider mis en course à la candidature après que Brady ait malencontreusement révélé qu’il avait trompé sa femme, et cela à quelques mois de sa potentielle réélection. Le duo d’acteurs fonctionne très bien, tel deux enfants terribles qui se livrent sans merci à un combat de chiffonniers où le gagnant sera celui qui aura fait subir la dernière vacherie à l’autre.

La citation en introduction donne le ton : « La guerre a ses règles. La lutte dans la boue a ses règles. Mais en politique, il n’y a pas de règle qui vaille ». Malheureusement, cette phrase vient d’un véritable candidat à la présidentielle américaine. Néanmoins, il ne sert à rien de chercher une satire pamphlétaire dans Moi, député. Le message reste simpliste et populiste au possible : les politiques sont véreux ou idiots. Cela laisse plus de temps pour la gaudriole ! On peut très bien voir dans le film de Roach un anti Marches du pouvoir de George Clooney sorti l’an dernier. Voire un complément, vu que cette fois-ci il s’agit de taper sur le camp républicain. Et il y a de quoi. Une bonne partie des gags se réfèrent à des faits bien connus, comme l’accident de chasse de Dick Cheney, Vice président de George W. Bush, qui avait tiré au fusil par mégarde sur la personne à ses côtés. Le personnage de loser notoire interprété par Galifianakis fait terriblement écho à l’arrivée inattendue du second Bush sur la scène politique.

Rien n’est épargné dans le film. Les politiques, les milliardaires qui financent leur campagne, l’Eglise, la famille traditionnelle américaine, les chiens et même les bébés ! Tout le monde en prend pour son grade. Tout le monde sauf les démocrates, mais bon. Ce n’est pas d’eux dont on parle aujourd’hui. Moi, député aura un peu de mal à trouver son public par chez nous. Les Français ne sont pas très coutumiers des campagnes électorales ne se jouant que sur les spots publicitaires payés des millions de dollars pour critiquer ou décrédibiliser le candidat d’en face. Comme les vrais, Ferrell et Galifianakis ne reculent devant rien pour obtenir ce poste de député. Autour d’eux gravitent quelques seconds rôles de qualité (John Lithgow, Dan Akroyd et Brian Cox) au sein d’une mise en scène plutôt bien rythmée, fonctionnant comme un compte à rebours jusqu’au jour fatidique de l’élection.

La surprise du long métrage de Jay Roach viendrait de son retournement final trop bienveillant et altruiste qui tranche complètement avec tout ce qui a précédé. Car Moi, député c’est potache, parfois trash et ne cherche pas forcément à marquer l’histoire des films portés sur la politique américaine. Il nous rappelle cependant que le pire étant que le parti républicain est effectivement une source de politiciens déjantés. La réalité rattrapant parfois la fiction, avec les récents propos honteux du candidat Todd Akin sur le viol. Mais quitte à parler de politique, mieux vaut en rire qu’en pleurer.

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