Synopsis : En quinze ans de carrière chez les Men in Black, l’agent J a vu beaucoup de phénomènes inexplicables… Mais rien, pas même le plus étrange des aliens, ne le laisse aussi perplexe que son partenaire, le sarcastique K. Lorsque la vie de K et le destin de la Terre sont menacés, l’agent J décide de remonter le temps pour remettre les choses en ordre. Il va alors découvrir qu’il existe certains secrets de l’univers que K ne lui a jamais révélés. Il est cette fois obligé de faire équipe avec l’agent K, plus jeune, pour sauver la vie de son partenaire, l’agence, et l’avenir même de l’humanité…
Après un deuxième opus calamiteux (sorte de longue pub pour des voitures, des montres ou des lunettes tout à la gloire de Will Smith) Men In Black 3 est une véritable surprise. Si le premier du nom fonctionnait si bien, c’est que le cinéaste avait trouvé la formule magique: un scénar ingénieux s’appuyant sur une base touffue et une équipe artistique béton pour donner vie a cet univers. La dream-team de Men In Black c’est: Bo Welch (Batman Returns) a la direction artistique, Rick Backer (Vidéodrome) au maquillage, ILM (Jurassic Park etc…) aux effets spéciaux et Danny Elfman (Batman Returns, Darkman) à la musique. Sortant a peine d‘Independance Day, Will Smith n’avait pas tout à fait pris la grosse tête. Bien écrit, rythmé et drôle, le scénario de Men In Black ne cachait pas sa volonté de dresser le portrait d’une Amérique qui doit tout à ses immigrés clandestins. Le retour de bâton fut donc terrible lors de la sortie de MIB2. Après l’ode aux sans-papiers on avait le bling-bling.
Comme ses personnages, Barry Sonnenfeld fait un saut dans le temps. Dans ce monde là, MIB2 n’a jamais existé. Dans ce monde là, Will Smith n’a pas tous les pouvoir. Dans ce monde là les exécutives font confiance aux artistes. Toute la force de MIB3 est là, dans cette volonté de réécrire l’histoire, d’effacer la désastreuse séquelle de MIB. En chaussant nos lunettes 3D, on laisse consciemment Sonnenfeld et ses scénaristes nous flasher. On se retrouve en 1969 en pleine contre culture, un véritable bonheur pour Sonnenfeld qui s’est toujours amusé du conformisme. Pour se conformer à la société humaine, les extraterrestre adoptent la contre culture et prennent la forme de bikers, ou de top modèles et d’artistes de la Factory. Alors, quand J apprend qu’Andy Warhol est un MIB, il est tout retourné. Si il y a bien un extraterrestre, c’est bien Warhol.
Réjouissant casting : Michael Stuhlbarg tout d’abord, qui incarne Griffin, personnage clé du film. Un personnage de paumé qu’on croirait sortir d’un film des frères Coen. Justement, il sort d’un film des frères Coen : Serious Man. Ce n’est pas le seul paumé, J est tout aussi perdu dans les années 60 et ce n’est pas le seul acteur que l’on peut rapprocher des Coen : Josh Brolin qui s’invente en Tommy Lee Jones jeune, est devenu depuis quelques années l’acteur fétiche de Joel et Ethan Coen. Ajoutons au casting la relation ancienne qu’a lié Barry Sonnenfield, lorsqu’il était chef opérateur, aux frères Coen et on ne peut qu’être troublé de voir s’afficher le nom d’Etan Cohen au générique de fin. Un homonyme qui est loin d’avoir la même carrière qu’Ethan. Si il fallait un indice, l’arrivée de David Koepp à la réécriture serait le plus significatif. Connu pour manier aussi l’humour que les scènes d’actions (Spiderman), il a sans doute aidé à rendre plus fluide l’action de Men In Black 3. Un allié de poids pour Sonnenfeld qui n’arrive jamais à sauver, par sa mise en scène, un scénario sans saveur.
Bref, la réussite de Men In Black n’est pas le fruit du hasard, c’est celui du travail collectif de vieux routards du blockbuster qui donnent le meilleur d’eux pour assurer le spectacle et divertir le public. Il fallait bien ça pour effacer de notre mémoire le pathétique Men In Black 2.
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