[Critique] Martha Marcy May Marlene de Sean Durkin (2012)

[Critique] Martha Marcy May Marlene de Sean Durkin (2012)

Synopsis : Après avoir fui une secte et son charismatique leader, Martha tente de se reconstruire et de retrouver une vie normale. Elle cherche de l’aide auprès de sa sœur aînée, Lucy, et de son beau-frère avec qui elle n’avait plus de contacts, mais elle est incapable de leur avouer la vérité sur sa longue disparition. Martha est persuadée que son ancienne secte la pourchasse toujours. Les souvenirs qui la hantent se transforment alors en effrayante paranoïa et la frontière entre réalité et illusion se brouille peu à peu

Film sensation du Festival de Sundance 2011, où il a remporté le prix de la mise en scène, Martha Marcy May Marlene (que nous allons ici simplifier en Martha pour des raisons… évidentes) est le premier film de Sean Durkin mettant en scène Elizabeth Olsen (petite sœur des jumelles Mary-Kate et Ashley) dans la peau d’une jeune femme tenant de se reconstruire auprès de sa famille après s’être échappée d’une secte.

Avant toute chose, le film perturbe surtout dans le fait qu’il se trouve construit par un schéma monotone et lassant, qui ne se voit pas renouvelé sur les deux longues heures du film. En alternant systématiquement l’action présente et des flashbacks, Martha.. s’étire beaucoup pour au final en dire très peu. Trop peu. La redondance se voit parfois brisée mais face à des scènes où l’on s’attend à une progression de l’histoire, l’idée semble immédiatement avortée pour repartir tranquillement dans la routine soporifique du récit. Le film se construit au fur et à mesure sans jamais vraiment démarrer comme on le souhaite. Cette mise en scène se transforme vite en jeu pervers et nous, spectateurs, restons impuissants. Et telle la cerise sur le gâteau empoisonné, ne parlons pas du final, qui regroupe exactement tous les éléments désagréables du film pour nous laisser encore plus sur le banc de touche. Ces méthodes peuvent être appréciées, mais impossible d’accrocher au film pour ma part.

Que reste t-il donc au sauver du film ? À mon sens, pas grand chose. En abandonnant toute idée d’instaurer une véritable histoire, Durkin réalise davantage un film sur le traumatisme et se focalise sur le fait de créer constamment des rapports entre les différents situations vécues autrefois et celles actuelles. Si l’on cherche du coup à creuser autre part, on ne trouvera rien de bien profond. Seul les deux vrais acteurs intéressants du film, Elizabeth Olsen (impressionnante pour son premier rôle au cinéma) et John Hawkes (interprétant le glaçant gourou de la secte), valent le détour. On remarque toutefois que tout le travail a été fait pour ces personnages, les autres protagonistes se contentant de rôles superficiels. Un mal pour un bien si l’on peut dire. Et pour finir sur une note plus positive, il faut avouer que l’oeuvre parvient à apporter subtilement les éléments nécessaires à la compréhension  à travers différentes astuces pour tenter de nous tenir en haleine le long du film, Un souci du détail que je tiens à saluer !

Inutile d’en rajouter davantage : je n’ai pas aimé Martha Marcy May Marlene. À travers un film maladroit, jouant sur l’expectative de voir enfin le film démarrer sans qu’il n’en soit jamais le cas, Sean Durkin dirige de bons acteurs, la révélation Elizabeth Olsen bien entendu en tête, dans une œuvre qui aurait pu être intéressante. Or, le long métrage est doté d’une structure détruisant tout l’éventuel intérêt que pouvait susciter le film.

Nadrien

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