Synopsis : Mike a trente ans et multiplie les petits boulots : maçon, fabricant de meubles, etc…Il se rêve entrepreneur. Il est surtout strip-teaseur. Chaque soir, sur scène, dans un club de Floride, il devient Magic Mike. Lorsqu’il croise Adam, il se retrouve en lui, l’intègre au club et décide d’en faire le Kid. Mais le Kid a une sœur, qui n’est pas prête à trouver Mike irrésistible

Soderbergh, on le sait, est pressé d’en finir. Il se donne jusqu’à janvier prochain pour tirer un trais définitif sur le cinéma et se mettre à la peinture. On ne sait si ce jeune pré-retraité joindra le geste à la parole, ce qui est certain, par contre, c’est qu’il lui reste beaucoup à dire, à montrer. En à peine un an, trois films du réalisateurs sont sortis en France, dont les deux derniers à seulement un mois d’intervalle. Il prévoit, comme c’est de plus en plus le cas, de sortir deux films l’année de ces adieux.

Cette boulimie filmique il l’a partage avec d’autres cinéastes tel Hong Sang Soo, Takashi Miike ou Johnnie To. Il a avec ce dernier un même méthode de travail. Pour produire ses films personnels, il tourne des films légers. Là où To fait dans la comédie romantique, Soderbergh fait des films à pitch (Ocean’s Eleven) en s’entourant de stars (Trafic). Bien que comme To, il a plaisir a séduire le public, il se révèle plus passionnant avec ses films bricolés. Ces derniers sont toujours un confrontation au réel, si ce n’est pas pour raconter une histoire vraie (The Informant, Erin Brockovich), Soderbergh tourne sa fiction autour d’un professionnel et met en avant son expertise. Après avoir utilisé Sacha Grey pour Girlfriend experience, et Gina Carano pour Piégée, c’est au tour de Channing Tatum (déjà vu dans Piégée, justement) d’être le centre d’intérêt de Steven Soderbergh. Avant de faire mannequin et acteur pour les séries B bourrines, Channing Tatum était stripteaseur. Magic Mike est son histoire.

Au contraire des films hollywoodiens, Steven Soderbergh ne se limite pas au programme de départ, la fameuse histoire vraie, ou d’un rester à la pure imitation du style documentaire. Il filme une trajectoire, toujours la même, qui se confronte à un milieu opaque : l’entreprise (The Informant), le renseignement (Piégée), la justice (Erin Brockovich), la prostitution de luxe (Girlfriend experience) ou le milieu du striptease pour Magic Mike. A travers ce programme il filme le monde, le notre, dont il tente de comprendre, avec nous, la complexité. Soderbergh ne se sent pas étranger à l’histoire de Channing Tatum (Déjà aperçu dans Piégée), dont Magic Mike s’inspire, car c’est aussi un peu la sienne. A Hollywood comme dans le milieu du striptease, il faut parfois faire la pute pour pouvoir concrétiser ses projets. Tout comme Mike, Steven n’a aucun problème avec ça, cela fait parti du business. Un business qui fait surtout appel a la débrouille plus qu’a l’espoir d’un financement facile de la part d’une banque qui, elle aussi fait face à la crise financière. L’ingéniosité de Soderbergh est de travailler sur une mise en scène fluide et sensuelle (belle scène de trip) qui donne a l’ensemble une puissance érotique désarmante. Une façon d’évoquer de façon séduisante, un univers complexe, qui souffre d’un problème d’image que Soderbergh règle intelligemment. Autrement dit, montrez moi un film intelligent et je vous dirais : voilà un film sexy.

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