Synopsis : Norman est un enfant pas comme les autres. Il a le don de pouvoir parler aux fantômes qui hantent sa petite ville de Blithe Hollow. Rejeté par les autres et incompris par sa famille, il devra trouver le courage d’affronter le danger quand une ancienne malédiction fera sortir les morts de leur sommeil.

À l’heure des blockbusters en imagerie de synthèse, comme le Rebelle de chez Pixar ou le quatrième volet de L’Âge de glace, il est bon de revenir à une animation plus traditionnelle C’est ce que nous propose L’Étrange pourvoir de Norman, en nous rappelant également au bon souvenir des films d’horreur des décennies 70 et 80. Mais ça c’est pour amuser les grands. Clôturant la période estivale 2012, cet honnête film d’animation risque malheureusement de passer inaperçu, tant le matraquage médiatique de ses deux prédécesseurs a été intensif. Mais attention, il ne faut pas prendre Norman à la légère !

En effet, L’Étrange pouvoir de Norman est un bel outsider. Graphiquement dans la directe lignée de Coraline (une bonne partie de l’équipe technique en est issue), ce film en 3-D s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux enfants (mais pas trop jeunes quand même). Tous sauront y trouver leur compte entre une galerie de personnages loufoques et des références au cinéma bis comme s’il en pleuvait. En dehors des clins d’œil formels, quand ce n’est pas la chorale de l’école qui reprend la chanson de Donovan Season of the Witch, la musique originale de Jon Brion parvient à donner un ton très carpenterien aux séquences à suspense. Les situations burlesques s’enchainent et nous offrent quelques gags des plus savoureux.

Toutefois, à trop vouloir faire de références, l’inspiration des deux réalisateurs en pâti quand il s’agit d’apporter du sang neuf. C’est là l’un des problèmes majeurs de L’Étrange pouvoir de Norman. Le scénario reste très classique avec l’histoire du garçon rejeté dont le destin sera de sauver la situation. Mais vu son sujet un brin morbide, il sera comparé de facto avec les travaux des deux grands aînés : Tim Burton et Henry Selick. Ces deux cinéastes avaient su insuffler à leurs œuvres un minimum de poésie qui leur donnait ce supplément d’âme si particulier et qui savait si bien jouer avec nos émotions. Or, le film de Sam Fell et Chris Butler souffre définitivement d’un manque de personnalité.

Sans prétention, L’Étrange pouvoir de Norman donne à voir une belle prestation technique. Avec parfois plus d’une vingtaine de personnages à l’écran, l’animation des scènes de foule a rarement été aussi bien travaillée. Le film s’amuse des codes du cinéma de genre sans pour autant chercher à les changer. Le choix des couleurs rappelle à s’y méprendre celui de l’Au-delà des Noces funèbres. Par contre, l’usage de la 3-D aurait pu aller plus loin, en travaillant mieux les perspectives et la profondeur dans tous ces décors dépourvus de ligne droite.

Un peu sombre pour le très jeune public, L’Étrange pouvoir de Norman invitera cependant les fans de films d’horreur à s’amuser en terrain connu. Il jette également ce regard nostalgique vers un cinéma de genre aujourd’hui disparu, un peu comme celui des films en animation image par image, dont le nombre s’est réduit chaque année face au succès des productions entièrement générées par ordinateur.

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