Synopsis : Louise et Patrick sont sous le choc de la mort tragique de leur fille Alice. Ils décident de déménager dans une petite bourgade reculée appelée Wake Wood. C’est dans ce lieu qu’ils découvrent l’existence d’un rituel païen entretenue par les habitants depuis des décennies et permettant de faire revenir d’outre-tombe pour une durée de trois jours n’importe quelle personne, afin de lui accorder un dernier adieu. A la fois effrayé et excité par cette perspective, le jeune couple sollicite l’aide des villageois pour ramener Alice à la vie. Mais une question fondamentale se pose: que feront-ils lorsque l’heure du départ définitif sera venue ?
Autant vous dire d’emblée que je n’y connais rien en film de genre. Cette critique sera donc faite par le regard d’une novice qui ne demande qu’à découvrir des nouvelles choses. J’ai donc commencé par couvrir l’Etrange Festival avec la projection de Wake Wood. Wake Wood. Une ville perdue remplie d’autochtones bien sales. Des accouchements de vaches. Des éoliennes. Une petite fille brune aux cheveux longs qui ressuscite d’un cadavre fraichement froid. Des corbeaux morts. Et forcément tout qui part en vrille. Super, n’est-il pas ?! Mais hic il y a.
Le début est efficace, intriguant, bien amené. Il met le spectateur dans une ambiance que malheureusement le film n’est pas capable de tenir sur la longueur. Et c’est bien là tout le souci de ce film. Le sujet, ils l’avaient. Faire revenir une petite fille d’entre les morts pour lui faire ses adieux, en se doutant bien que tout ne va pas se passer comme prévu, c’était du gâteau. Les acteurs ? Pour le coup, le choix n’est pas vraiment judicieux. Autant Aidan Gillen arrive à s’en sortir à peu près, autant Eva Birthistle peine à offrir de la crédibilité dans son pauvre jeu. Quant à la petite fille, on repassera pour croire ne serait-ce qu’une seconde à son épopée vengeresse.
Wake Wood se perd dans son ambition de vouloir concilier une histoire sur le deuil d’une famille avec le fantastique. Au lieu de jouer à fond l’un des deux registres ou de trouver un juste milieu, le film perd son rythme entre des scènes de contemplations de paysages bien éclairés avec des scènes sorties de nulle part de boucherie gratuite.
Cependant, Keating réussit plutôt bien à instaurer une ambiance dans le village de Wake Wood, où plane une sorte de mystère autour de ces rites païens séculaires. Mais encore, il n’explore pas assez cette piste là et effleure à peine le potentiel d’un tel développement. Le personnage du Maire, brillamment joué par Timothy Spall, ajoute une touche mystérieuse à l’ensemble, rythmant plus le film par ses interventions que les personnages quasi amorphes de Louise et Patrick.
Ainsi, porté par des acteurs peu convaincants et un rythme défaillant, Wake Wood n’est pas vraiment le genre de film pour lequel on s’attache. Au final le film n’arrive ni à toucher, ni à nous faire sursauter, à peine à nous faire passer un bon moment. A surfer entre plusieurs registres, David Keating en a perdu son intention. Et c’est bien dommage, car il y avait beaucoup de potentiel. On retiendra quand même ce film pour sa scène final, totalement… décalée, et surtout pour la scène de mort la plus ridicule au cinéma : écrasé par un cul de bœuf. Mort d’anthologie.
Ceci était le mot de la fin.
A très vite pour de nouvelles critiques de l’Etrange Festival !
Lucie
Tags Aidan Gillen, Amelia Crowley, Brendan McCarthy, Brian Gleeson, Dan Gordon, David Keating, Ella Connolly, Eva Birthistle, Fantastic Films, Ruth McCabe, Timothy Spall, Wake Wood
















