Synopsis : Le passage de la comète de Halley transforme les habitants d’une petite ville en monstres tentaculaires…
Après Vertige, Humains, Mutants, La Horde et toute la série des longs métrages français à moindre budget qui essayent d’y faire émerger un cinéma fantastique se réclamant du talent de John Carpenter sort Dead Shadows. Vendu comme un film de monstres/zombies en plein Paris, on espérait passer un moment assez fun. Malgré un astéroïde qui ressemble plus à une éponge marine dont les pores laissent s’échapper de la lumière, le générique d’ouverture qui traverse l’espace, les étoiles et les nébuleuses est franchement réussit à annoncer cette menace intergalactique qui rampe doucement jusqu’à nous. Si seulement le reste du film avait été au même niveau.
Ce n’est pas tant de l’envie de l’équipe, Dead Shadows ayant eu de nombreux problèmes en post-production, mais ce qu’il reste de l’histoire ressemble plus à un gros délire entre potes imaginé lors d’une soirée pizza-bière. Après un prologue incompréhensible qui est censé nous présenter le passé traumatisant du héros, l’exposition des personnages est l’occasion d’enterrer la qualité du jeu du casting dont seul le canadien John Fallon parvient à se maintenir au-dessus des autres. Ce dernier a dû proposer assez souvent d’improviser sur ses répliques qui sont les seules drôles du film et tranchant tellement avec les autres. En tout cas, c’est le seul qui semble y croire un peu. Par exemple, le personnage principal joué par le jeune Fabian Wolfrom est censé avoir peur de l’obscurité. L’explication serait dans le prologue, pourtant l’application de cette phobie ne se ressort que lorsque les ampoules clignotent dans le décor et plus lorsqu’il fait nuit noire. D’autant que sa double personnalité qu’il essaye de cacher aurait pu être un peu plus étayée. Ça nous aurait aidé à comprendre et à le comprendre.
Difficile d’explorer un peu plus Dead Shadows qui ne cherche pas à remonter le niveau. Fauché en tunes n’est pas une excuse pour être fauché en idées. L’arrivée des extra-terrestres située lors d’une fête dans un appart’ est grossière et ratée. La suite n’en est pas plus folle. Le héros doit sauver la demoiselle (en chaleur) en détresse qu’il a rencontré le jour même. Même si le design de certains monstres est assez inventif, la majorité des adversaires ressemblent essentiellement à des zombies plus classiques. Mention spéciale au bruitage qui, lors d’une séquence de massacre à la batte de baseball, utilise le même son en boucle quand une tête est fracassée par l’objet. Il n’y a pas vraiment d’évolution dans le cheminement du héros. Les allers-retours permanents sur sa contamination lors du premier passage de la comète n’est jamais suivie d’un écho formel et indispensable dans ses actes. Il n’y a qu’arrivé au climax que cette double personnalité attendue émerge enfin. Les effets spéciaux de qualité reviennent enfin sur la destruction de Paris au petit matin. Néanmoins, ce panorama d’apocalypse est gâché par un dernier plan entre le héros et sa donzelle bête et lourdingue.
Ne parlant ni de morts ni d’ombres, Dead Shadows est un gros délire entre potes bourrés qui a duré plusieurs années et a abouti à un film médiocre qui aurait pu redonner un peu d’espoir dans un cinéma fantastique français. Attention à la gueule de bois !
Tags critique, David Cholewa, Dead Shadows, John Fallon, L'étrange festival, review, Section 5, Vincent Julé
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