Synopsis : Australie, 1968, trois sœurs aborigènes : Gail, Julie et Cynthia et leur cousine Kay, sont découvertes par Dave, musicien irlandais au caractère bien trempé, amateur de whisky et de soul music. Dave remanie le répertoire du groupe, rebaptisé « The Sapphires », et organise une tournée dans les zones de guerre du Vietnam du Sud. Dans le delta du Mékong où elles chantent pour les marines, les filles déchainent les foules, esquivent les balles et tombent amoureuses.

On peut traiter de sujets sérieux avec légèreté, mais il ne faut pas s’attaquer à un sujet sérieux à la légère. D’autres se sont, on s’en souvient, cassés les dents. C’est en substance ce que l’on peut retenir des Sapphires. Tiré (forcement) d’une histoire vraie, le film tombe dans la bluette hollywoodienne où tout paraît faux. L’eugénisme australien sur les aborigènes, la guerre du Vietnam, tout semble être au final qu’un fantasme cinématographique. On ne croit guère au destin de ces jeunes filles qui, grâce à leurs voix, sortent de leurs misérables conditions.

Il y a cette scène, très gênante, où deux des trois sœurs, se retrouvent à un radio crochet. Après être passées derrière d’horribles blancs (forcement) de tous âges aux voix d’épouvantables casseroles, la plus vieille des sœurs ajoute sa voix délicieuse (forcement) aux premiers coups de guitare de sa cadette. Le moment frôle déjà le cliché, mais vient alors la troisième sœur interdite de sortie par ses parents, qui arrive du fond de la salle en chantant du fond. Ce genre de mise en scène que La Nouvelle Star n’oserait pas se permettre.

L’histoire, en elle même, n’est pas sans intérêt et il y a matière à utiliser la pop musique, ainsi que la culture populaire dans son ensemble pour traiter intelligemment, de façon pertinente et forte les problèmes qu’ont pu rencontrer les donzelles. Alan Parker s’en est tiré pas trop mal avec son antifasciste The Wall ou pour évoquer la guerre du Vietnam des films comme Full Metal Jacket et Apocalypse Now ont utilisés la pop musique pour en faire de vrais moments subversifs.

Il n’est, certes, pas très juste de comparer The Sapphires a ces chefs d’oeuvres, puisque l’influence du film se situe sans doute plus au niveau de Good Morning Vietnam. Sauf que c’est ici très mal écrit, filmé avec les pieds et que si Chris O’dowd est attendrissant (et permet de nous rappeler l’excellente série Girls dont on attend la seconde saison avec impatience), il se refuse à faire son show comme avait pu le faire Robin Williams. L’intention est louable, mais, ce faisant, il nous empèche de nous accrocher au moins à son personnage.

On peut enfin se demander, en dehors de vouloir respecter « l’histoire vraie », l’intérêt d’envoyer ces jeunes filles au Vietnam, car le réalisateur ne tire rien du conflit, ni des problématiques propre a la condition des femmes dans ce conflit, ni du racisme. Si l’eugénisme est filmé avec de beaux soleils couchants, la guerre y est vu comme un joli feu d’artifice ou seul les hommes peuvent se retrouver une balle dans l’bide…

Par

Tags , , , , , , , , , , ,