Synopsis : Après avoir fait connaissance avec le capitaine Haddock à bord d’un cargo, Tintin enquête sur un navire dont le commandant de bord n’est autre qu’un ancêtre de ce dernier. Trois maquettes, dont l’une a été achetée par le reporter dans un vide-grenier, contiennent un parchemin dont le contenu révèle l’existence d’un trésor enfoui avec l’épave de ce bateau. En compagnie de Milou et des Dupondt, ils décident de partir à la recherche de ce précieux trésor appartenant à l’ancêtre du capitaine Haddock et convoité par son rival le pirate Rackham le Rouge.
Tintin , adapté par Hollywood ? Lorsque la nouvelle tombe, les aficionados du petit reporter (dont je fais partie) crient au sacrilège ! A l’origine de ce projet : Peter Jackson, Katleen Kennedy et Steven Spielberg. Ce dernier réalisera le dit film. Malheureusement nous savons qu’il est capable du meilleur comme du pire. La majeure partie d’entre nous reste donc dubitative d’autant qu’une nouvelle donnée entre en jeu: le film sera réalisé en motion capture. Autrement dit, « les ricains » nous enlève l’un de nos plus beaux héros européens et par dessus le couvercle ont décidé de le dénaturer ! Coté scénario, on murmure le nom de Steven Moffat. Il s’attèle officiellement à la tâche quelques mois plus tard avant de rejoindre l’équipe du Docteur Who. Ce sont donc Edgar Wright et Joe Cornish qui reprennent le flambeau. La préparation du film devient un film à elle seule, ce qui ne vas pas en nous rassurant. (Quand on pense au Don Quichotte de Gilliam qui n’a jamais vu le jour on est en droit de s’inquiéter). Eh bien les amis, en ce jour je vous le dis, nos inquiétudes étaient vaines. Ce Tintin est une véritable réussite. Je dirais même plus…une véritable réussite!
Tout commence par un somptueux générique se permettant quelque références par-ci par-là à certains albums dont il ne sera pas question dans ce premier volet. Je ne le sais pas encore , mais cette introduction annonce la couleur: « Vous allez assister à un spectacle fidèle à l’oeuvre d’ Hergé, oeuvre que nous allons tenté de respecter et sublimer grâce à la vision de Steven».
Le film s’ouvre sur une scène de marché durant laquelle l’ami Tintin , grâce à un premier ingénieux subterfuge visuel (le film en regorge), remarque la maquette d’un bateau: la fameuse Licorne. L’intrigue est posée, le suspense s’intensifie et l’aventure de Tintin devient la nôtre. Je me réinstalle quelque peu dans mon siège. Tant mieux, car pendant près de deux heures, je ne pourrais plus m’en détacher!
La caméra virevolte à cent à l’heure m’emmenant avec elle sans jamais me perdre en route. Grace à l’utilisation justifiée de la 3D je suis littéralement et visuellement projeté dans les décors d’Hergé qui prennent vie sous mes yeux ébahis. Le film fait aussi la part belle à ses personnages. Si le reporter rouquin est le protagoniste de cette histoire (quoique….), Milou, Dupont et Dupont et bien sûr le Capitaine Haddock ne sont pas en reste. A leur tour, ils amènent leurs touches d’humour, de naïveté et d’héroïsme à ce voyage.
Spielberg s’amuse comme un petit fou avec ces personnages qui deviennent les siens ainsi qu’avec son nouveau joujou technique et nous prouve qu’il n’a jamais perdu son âme d’enfant. Mais au delà du divertissement, le réalisateur nous donne une formidable leçon de réalisation. Les transitions entre les plans sont amenées avec intelligence et finesse. Et que dire de la scène dans le désert ?! Ce passage formel entre le présent et le passé est d’une beauté saisissante. Spielberg s’octroie également le droit à de petites références personnelles grâce à de discrètes touches là encore extrêmement fines. A ce titre, la référence à ses « Dents de la mer » est tout simplement jubilatoire. Des dialogues ciselés et percutants viennent quand à eux mettre la dernière pièce à cet édifice quasi sans-faille.Le film se termine d’ailleurs sur une formidable réplique qui ne fait qu’attiser davantage l’intérêt du spectateur.
Trois ans après la déception Indiana Jones 4, Steven Spielberg signe donc avec Tintin et le Secret de la licorne, l’un des plus grands films d’animation mais aussi et surtout le film d’aventure que chacun espérait.L’attente risque d’être insoutenable avant la suite et je m’adresse maintenant à Mr Jackson : « Mon cher Peter, autant vous le dire vous avez les épaules les plus lourdes au monde car après votre Bilbo déjà fort attendu, cette adaptation plus que réussie met la barre très haut. Vous n’avez donc pas le droit à l’erreur ! »
En attendant les grands enfants que nous sommes pourront patienter grâce au Hugo Cabret de Mr Scorsese qui esperons-le nous transmettra également son âme d’enfant !
Fred
Tags Andy Serkis, critique, Daniel Craig, Edgar Wright, Gad Elmaleh, Hergé, Jamie Bell, Joe Cornish, John Williams, Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne, Nick Frost, Peter Jackson, Simon Pegg, Steven Moffat, Steven Spielberg, Tintin, Tintin : Le Secret de la Licorne, Toby Jones
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