Synopsis : Georges Smiley est l’un des meilleurs agents du « Cirque », quartier général des services secrets britanniques. Alors qu’il vient à peine de prendre sa retraite, le cabinet du premier ministre fait de nouveau appel à lui. Le centre de Moscou, leur ennemi juré, aurait un agent double, infiltré au sein du Cirque. Smiley est chargé de démasquer la taupe parmi ses anciens collègues.

Après avoir réalisé Morse en 2008, le cinéaste suédois Tomas Alfredson signe comme 5ème film une adaptation des enquêtes de George Smiley signées John Le Carré avec La Taupe. Ici, Smiley (Gary Oldman) doit, en pleine guerre froide, démasquer une taupe (logique me direz-vous) au sein des services secrets britanniques.

En sortant de la séance de La Taupe, je me suis fait la réflexion suivante : n’y a t-il pas pire comme sensation que l’impression d’être complètement passé à côté d’un film ? Car oui, je n’ai malheureusement pas aimé le film. Il est pourtant loin d’être mauvais, bien au contraire, mais il contient un élément redoutable : la complexité de son scénario. Pendant deux heures, un nombre incalculable d’informations passerons sous vos yeux et il est de notre devoir de tout assimiler dans l’immédiat. Alfredson ne laisse aucun répit au spectateur confus : rater un élément du récit revient à se retrouver perdu pour tout le reste du film. Avant la projection nous était fourni un dossier contenant l’organigramme du Cirque (surnom du MI6) et un résumé sur chaque protagoniste. On comprend mieux la fonction de ce document après le film : pour éviter toute confusion, il aurait été nécessaire de l’étudier minutieusement ! Vous l’aurez compris, La Taupe aurait énormément gagné en qualité s’il accompagnait mieux le spectateur dans la compréhension du récit.

Mais éloignons nous de la question du scénario. Il est primordial d’indiquer que du point de vue artistique et technique, le film est une réussite. L’image est soignée, la photographie est formidable et la mise en scène est splendide. Un sans faute de ce côté… tout comme celui de la distribution. Et oui car il faut le dire : quel casting ! Colin Firth, Mark Strong, Tom Hardy, Benedict Cumberbatch… tous ces acteurs gravitent autour du titanesque Gary Oldman. L’interprète de Smiley joue avec beaucoup de retenue mais toujours avec classe et le casting entier est aussi prestigieux qu’il est excellent.

Habitué des réalisations de Pedro Almodovar, c’est le compositeur espagnol Alberto Iglesias qui signe la bande originale du film. Pour l’anecdote, il se pourrait qu’elle vous paraisse comme transparente tellement vous serez concentrés sur les dialogues… tel à été mon cas ! Ça n’est que maintenant que je peux profiter pleinement des partitions d’Iglesias qui sont, avouons le, savoureuses.

La Taupe est un de ces films où un second visionnage est obligatoire pour pouvoir en tirer toute sa puissance. La difficulté du scénario en laissera beaucoup sur le banc de touche et cet aspect aurait pu être mieux traité. Toujours en est-il que le film brille grâce à ses acteurs et ses qualités techniques. À voir une seconde fois pour se faire un véritable avis.

Nadrien

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