Synopsis : Quand une explosion cataclysmique ravage la ville de New York, huit personnes se réfugient dans le sous-sol de leur immeuble. Des tensions et des rivalités apparaissent parmi les rescapés qui survivent grâce aux réserves déclinantes d’eau et de nourriture. Soudain, des hommes en combinaison pénètrent dans l’abri et font feu sur ses occupants. Eva, la seule jeune femme du groupe, va devoir s’endurcir pour survivre à cette menace extérieure…

The Divide est un film ambitieux où l’on ressent l’envie de retranscrire une vraie esthétique et un univers singulier. Xavier Gens ouvre son film sur des images sublimes qui annoncent le ton. The Divide est un exercice de style, où le huis-clos est un défi que la mise en scène doit transcender. Les images sont à la hauteur de nos espérances, la photographie impeccable crée une ambiance et une esthétique crédible et intéressante. La mise en scène de Xavier Gens est efficace, rythmée comme il faut, et elle est surtout audacieuse. Il arrive à exploiter l’espace dans sa totalité, en le déstructurant pour alterner une spatialisation oppressante et des moments de répit.

Une des grandes faiblesses de The Divide se trouve au niveau du scénario qui est relativement faible par moments.  La chose la plus dérangeante dans la façon dont Xavier Gens traite son histoire c’est qu’il ne prend pas forcément parti auprès de l’un de ses personnages. En tant que spectateur, on n’arrive pas vraiment à avoir de l’attachement ou de la sympathie pour aucun d’entre eux. Il en résulte qu’on assiste plutôt à une vitrine de la descente aux enfers de ces personnages enfermés, au lieu de se sentir pris au piège avec eux. Cet effet de distanciation semble volontaire mais il ne fonctionne pas, et dessert malheureusement le film.

Les personnages ont pourtant des personnalités intéressantes habilement exploitées. Cependant, l’évolution de certains a tendance à tomber dans la caricature ou l’excès. La frontière de l’excès est à peine franchie qu’ils en perdent toute crédibilité. De plus, il manque un liant à tous ces protagonistes, un petit quelque chose qui aurait fait que le scénario aurait tenu à merveille. Peut-être un enjeu commun, ou une approche différente de leur relation… La sensation d’avoir des personnages fortement caractérisés, posés intentionnellement tous ensemble devant nos yeux, dans une étude du comportement humain sous pression, agace fortement en tant que spectateur. Cela agace, parce qu’on aimerait y croire, parce que tous les éléments étaient là pour faire un film sacrément bon. Mais une mauvaise maitrise du scénario vient tout gâcher.

La mise en scène et la touche esthétique de Xavier Gens permettent tout de même de faire oublier quelque peu les lacunes du scénario. La montée émotionnelle du film fonctionne plutôt bien, et trouve un formidable dénouement dans la brillante conclusion du film. On se délecte donc d’un film techniquement maîtrisé et ambitieux, qui prouve qu’il existe des metteurs en scène français capables d’assumer un cinéma de genre à l’image impeccable. Espérons que le film sera suffisamment distribué pour que le public puisse découvrir le talent de Xavier Gens.

Lucie

Par

Tags , , , , , , , , , , , ,