Synopsis : Le rêve de Po s’est réalisé. Il est devenu le Guerrier Dragon, qui protège la Vallée de la Paix avec ses amis les Cinq Cyclones : Tigresse, Grue, Mante, Vipère et Singe. Mais cette vie topissime est menacée par un nouvel ennemi, décidé à conquérir la Chine et anéantir le kung-fu à l’aide d’une arme secrète et indestructible. Comment Po pourra-t-il triompher d’une arme plus forte que le kung-fu ? Il devra se tourner vers son passé et découvrir le secret de ses mystérieuses origines. Alors seulement, il pourra libérer la force nécessaire pour vaincre.

Suite du premier volet sorti en 2008, Kung Fu Panda 2 s’inscrit dans la lignée directe du premier. Po a trouvé le Kung Fu, il est maintenant le Guerrier Dragon, et accompagné des Cinq Cyclones il doit à nouveau faire face à un super vilain qui menace de détruire le kung fu et la Chine toute entière. Avares de suites (l’interminable quadrilogie de Shrek, un troisième Madagascar et un doublon à Dragons qui sortiront sur nos écrans l’année prochaine), les studios DreamWorks semblent vouloir exploiter à fond le filon Kung Fu Panda en prévoyant pas moins de 6 films à la franchise. Un peu trop poussif ? On en conviendra.

Pour ce deuxième volet, DreamWorks continue ce qui avait fait le succès de Kung Fu Panda : de l’action et de la rigolade. Héros empâté, glouton et maladroit, le panda Po enchaîne les gags et les coups d’esbroufe. Cette fois-ci, l’univers est plus sombre et plus torturé (dans une moindre mesure bien sûr, c’est du DreamWorks que diable !), le méchant est le mal incarné,  tout comme Tai Lung était la force incarnée dans le premier volet. A grands coup de canon et de machiavélisme bien placé, il va malmener Po et les Cinq Cyclones qui devront se sortir des situations les plus rocambolesques.
A la manière des films d’arts martiaux où le héros doit reconquérir son passé pour pouvoir s’accomplir et vaincre, Kung Fu Panda 2 reprend les grandes lignes et tente de mieux exploiter la fibre « Kung Fu » que la fibre « Panda ». Résultat assez maladroit pour les puristes mais néanmoins efficace. On notera aussi le travail effectué sur l’esthétique. Alors que l’esthétique 3D est à son maximum (merci l’anthropomorphisme), que la lumière et les paysages sont délectables, c’est surtout les jeux de styles mis en place par DreamWorks qui ravissent. En combinant esthétiques 2D et ombres chinoises, DreamWorks établit un savant mélange de style qui surprend au premier abord mais enchante ensuite le spectateur.

Les studios DreamWorks essaient cependant de prendre la tangente Pixar, à savoir jouer sur l’émotionnel et laisser de côté l’action pour établir une vraie caractérisation des personnages. Le film s’oriente donc vers le passé de Po, passé à l’origine funeste dont il n’a pas conscience. A coup de flashback à l’esthétique 2D, le film nous replonge dans des bribes de souvenirs enfouis qui viennent titiller la corde émotionnelle du spectateur. Jusqu’à soutirer une larmichette au plus sensible. A moins que ce soit les lunettes 3D qui fassent pleurer ? Que nenni, la 3D relief est efficace et, pour une fois, très propre. Elle se fait discrète et surgit tout à coup pour mieux nous happer dans les scènes d’action.
Ce volet est efficace dans son entièreté. On prend son pied dans les scènes d’actions, on rigole avec les personnages, on est émus avec eux, on s’en prend plein les mirettes. Même si le scénario est prévisible et sans grande surprise, on passe un excellent moment devant Kung Fu Panda 2. Mais ça s’arrête là. L’engouement post projection semble s’effacer avec le temps. On aimerait y retourner pour le bon moment à passer devant, mais une fois fini, on oublie assez vite le film.

Parce qu’ils misent tout sur l’action, les gags et la facilité, DreamWorks n’arrivent pas à toucher le spectateur comme le font aussi bien les studios Pixar. Il est difficile de ne pas comparer les deux studios, acteurs majeurs de l’animation 3D sur nos écrans. Quand on connait le background commun de Lasseter et Katzenberg, les « inspirations » communes qu’ils entretiennent (ne parlons pas de plagiat, ce serait trop vindicatif) et surtout leur concurrence sur le marché, il est inévitable que la comparaison survienne. Très bon divertissement familial, DreamWorks exploite une fois de plus avec Kung Fu Panda 2 un filon dans lequel il excelle. Bien qu’essayant d’élargir sa palette émotionnelle pour toucher le spectateur, ils n’arrivent cependant pas à nous sortir un opus inoubliable. Qu’on se le dise, je suis et resterai une inconditionnelle de Pixar !

Lucie

Par

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