Synopsis : Que feriez-vous si la fin du monde arrivait dans 3 semaines ? C’est la question que toute l’humanité est obligée de se poser après la découverte d’un astéroïde se dirigeant tout droit vers notre planète. Certains continuent leur routine quotidienne, d’autres s’autorisent tous les excès, toutes les folies. Dodge est quant à lui nouvellement célibataire, sa femme ayant décidée que finalement, elle préférait encore affronter la fin du monde sans son mari. Il décide alors de partir à la recherche de son amour de jeunesse, qu’il n’a pas vu depuis 25 ans. Mais sa rencontre avec Penny risque de bouleverser tous ses plans.

Dans Les Derniers Jours Du Monde, les frères Larieux proposaient de traiter de la fin du monde sous l’axe de la comédie sentimentale. Trois ans après la demie réussite des frères Larieux, c’est au tour du pays spécialiste des fins du monde de traiter de l’apocalypse sous l’axe de la comédie romantique. Si l’exercice des frères Larieux était périlleux, c’est qu’ils n’avaient jusque là pas eu l’occasion de montrer leur savoir faire dans les effets spéciaux. Au contraire ici, la réponse américaine, pouvait poser problème non sur l’aspect technique mais sur l’équilibre fragile qu’il est utile de garder entre le spectacle de la fin du monde et la naissance des sentiments.

A dire vrai, Lorene Scafaria s’en tire mieux que les frères Larieux car la beauté du film réside dans la volonté autant de la réalisatrice que des personnages de reléguer l’apocalypse au second plan. Au final ce que raconte le film est plus le début d’un amour que la fin d’un monde. Les plus belles histoires d’amour sont souvent les plus mal fichues et dans le genre celle qui va naître entre Steve Carrel et Keira Knightley est d’une touchante maladresse. Loin d’être dans la catastrophisme, la fin du monde, si elle peut générer des émeutes, est peut être l’ultime moyen de rapprocher des voisins qui ne s’étaient jamais parlés, ou de profiter un peu de la vie.

Joyeusement pop le film de Lorene Scafaria flirte avec l’esprit mélomane de l’œuvre de Nick Hornby, ici comme chez l’écrivain la musique est ce qui humanise les personnages. L’étrange Keira Knightley se trimbale ainsi avec avec tout ses vinyles sous le bras et cherchera désespérément une platine sur laquelle poser ses trésors. L’on pense, alors, a l’adaptation de High Fidelity avec John Cusak où ce dernier noyait ses chagrins d’amour en écoutant les Kinks ou Steevie Wonder.

Alors que l’astéroïde approche et que les hommes cherchent à se tuer, Steve Carrel et Keira Knithley apprennent à se connaître. Ils partiront ensemble sur la route, l’un pour retrouver un amour d’enfance et au final son père (touchant Martin Sheen) et l’autre pour trouver l’avion qui lui permettra de rejoindre sa famille en Angleterre et mourir près d’elle. L’histoire en décidera autrement et donne alors l’occasion d’une très émouvante fin du monde. Plus intime encore que celle de Mélancholia qui avait marquée le cinéma l’année dernière. Cœur de glace, s’abstenir.

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