Synopsis : Ayant pris quelques années pour vivre retiré dans une région reculée d’Asie, Johnny English, le meilleur agent du MI7, en a profité pour perfectionner ses compétences uniques. Lorsque ses supérieurs apprennent que la vie du Premier ministre chinois est menacée, ils décident de le rappeler pour déjouer le complot. Si le monde a besoin de lui, Johnny English est prêt à reprendre du service… plus déjanté et déchaîné que jamais. À seulement quelques jours de la conférence internationale, English va devoir faire appel aux derniers gadgets hightech et à ses méthodes singulières pour enrayer l’infernale machination impliquant les Russes, la CIA et même le MI7… Enchaînant bourdes et catastrophes, Johnny English va tout tenter et même plus pour sauver le monde

Huit après après sa première mission en tant qu’agent secret au service de sa Majesté, Johnny English nous offre un retour des plus hilarants. Le premier opus avait surpris par son audace et ses gags surprenants malgré un manque évident de péripéties scénaristiques qui rabaissait le film à une simple parodie. Plus qu’une envie de retrouver Rowan Atkinson que de découvrir la nouvelle aventure de cet espion maladroit, nous fûmes surpris de découvrir un second opus bien meilleur que son prédécesseur, et ce, sur tous les points.

Après une séquence d’ouverture parodiant la méditation tibétaine, vite oubliée, le spectateur plonge dans une heure et demie de rires menée avec entrain par Sir Atkinson au plus haut de sa forme. Jouant avec son visage sans aucunes limites, il livre une interprétation mêlant habilement le rire à la sérénité dans un scénario enfin digne d’un James Bond. Basée sur des quiproquos et des alliances au sein du MI-7 (l’agence d’espionnage d’English), l’histoire de cette nouvelle aventure enchaîne les moments inattendus en parfaite harmonie avec les instants comiques. D’ailleurs, la meilleure idée de cet opus restera certainement les nombreux combats entre l’espion Johnny et sa Némésis : une espionne chinoise. Ce running gag suffit à lui seul le déplacement dans une salle obscure ! Petite déception toutefois quant aux personnages féminins qui passent au second plan après le départ de Natalie Imbruglia, et ce, même si l’ancienne agent d’X-Files, Gillian Anderson, fait office de remplaçante.

Mais au-delà du récit, c’est au niveau de la mise en scène que la qualité augment d’un cran. En laissant de côté l’intimité d’une enquête anglaise, le réalisateur privilégie ici un véritable tour du monde au rythme effréné en passant des glaciers de la Suisse aux quartiers urbains de la Chine. D’autant plus que cette nouvelle dimension épique donne du cachet au personnage d’English, lui permettant d’ironiser sur les courses-poursuites au cinéma, de bien belle manière. Alors qu’un espion ennemi court avec conviction sur les toits des immeubles chinois, English préfère quant à lui la douceur d’un ascenseur, tout en ne perdant pas de vue son objectif.

En délaissant la pure parodie, Oliver Parker donne un développement digne de ce nom au personnage de l’agent naïf. En lui offrant une enquête internationale complexe, ce second opus raye les erreurs du passé (l’interprétation fade de John Malkovich, une réalisation trop intimiste et un scénario plat) et les transcende malgré quelques bémols non préjudiciables. Un plaisir auquel nous vous invitons à succomber puisqu’un troisième opus semble désormais écarté, suite à son échec au box-office américain. Une bien belle façon de dire au revoir à Sir English !

Nathan

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