Synopsis : Izumi est mariée à un célèbre romancier romantique mais leur vie semble n’être qu’une simple répétition sans romance. Un jour, elle décide de suivre ses désirs et accepte de poser nue et de mimer une relation sexuelle devant la caméra. Bientôt, elle rencontre un mentor et commence à vendre son corps à des étrangers, mais chez elle, elle reste la femme qu’elle est censée être. Un jour, le corps d’une personne assassinée est retrouvé dans le quartier des « love hôtels ». La police essaie de comprendre ce qui s’est passé.
Cinéaste culte, défendu becs et ongles par ses fans acharnés et curiosité des festivals de cinéma du monde entier, le poète japonais Sono Sion bénéficie enfin d’une distribution dans l’hexagone. C’est logiquement son dernier film, Guilty Of Romance, qui a les honneurs de nos écrans. Riche d’une filmographie comprenant une bonne dizaines de films, son cinéma est un cinéma de la spontanéité et l’on est pas surpris qu’a l’image des films de Takashi Miike ont les retrouve avant tout dans les vidéoclubs japonais.
Les directs to videos sont très éloignées de nos pratiques de distribution, car il s’agit pour les studios japonais de permettre à des personnalités d’expérimenter. Miike s’en donne a cœur joie et Sono Sion étoffe d’année en année son univers en se donnant le luxe d’apprendre de ses erreur. Si il est difficile en France d’accéder à tout ses films sans rentrer dans l’illégalité, il faut reconnaître que Guilty Of Romance est, avec Suicide Club, son film le plus abouti. Alors que ses autres films sont traversés de belles fulgurances visuelles et fourmillent d’idées de mise en scène, la plupart sont assez brouillons.
Si le montage de Guilty of Romance qui est distribué en France semble pousser l’intrigue policière au second plan, c’est pour mieux encadrer les propos du film du regard du réalisateur. L’enquête n’est pas temps celui de la police a la recherche de l’assassin de deux prostituées qu’au finale celle du réalisateur face au plaisir féminin. Il y a pour un homme autant de fascination que de crainte face à ce désir, surtout lorsqu’il prend conscience que la femme décide de ce qui la fait jouir. L’homme ici, écrivain ou proxénète, à beau tenter de décider de comment la femme doit se comporter, le femme ne trouve pas de plaisir dans leurs désirs.
Bien qu’elle prend beaucoup de plaisir avec ses deux hommes de façon différente. Sono Sion, tente alors de scruter les fantasmes de cette femme, parfois violent, sans y chercher de quoi culpabiliser son personnage. Un réflexe qu’aurait sans doute eu autre cinéaste. Il y a dans Guilty of Romance beaucoup de Belle de Jour, mais volonté ici de choquer le bourgeois (qui depuis en a vu d’autre). Il y a juste la volonté d’observer cette femme chercher son point de jouissance et ses limites pour dépasser la prison dorée dans laquelle, elle, plus que son mari c’était enfermée. Car, à la différence de Bunuel, il n’y a pas de condamnation du couple bourgeois, bien au contraire.Le cadre du couple offre d’autres plaisirs à son héroïne, qui apprécie d’autant plus les moments passer avec son mari qu’elle se donne la possibilité de réaliser ses fantasmes en dehors du couple. Au final si il y a bien une romance coupable dans ce film, elle est vécue bien plus par le mari à la vie sexuelle frustrante.
Tags critique, Django Film, Guilty of Romance, Hisako Ohkata, Kanji Tsuda, Kazuya Kojima, Koi no Tsumi, Makoto Togashi, Megumi Kagurazaka, Miki Mizuno, Nikkatsu Studio, review, Ryo Iwamatsu, Ryûju Kobayashi, Sono Sion, Zootrope Films
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