Synopsis : 2041. Alex, un ingénieur de renom, est rappelé par la Faculté de Robotique, après dix ans d’absence, pour créer le premier robot libre : un enfant androïde. Il retrouve alors Lana, son amour de jeunesse, et son frère David, qui ont refait leur vie ensemble. Et il va surtout faire la connaissance d’Eva, sa nièce, une petite fille étonnante et charismatique. Entre Eva et Alex se crée une relation particulière, et ce dernier décide alors, contre l’avis de sa mère Lana, de prendre Eva pour modèle de son futur androïde…
Le rôle principal de cette production franco-espagnole est tenu par Daniel Brühl, l’acteur germano-espagnol déjà vu notamment dans « Good Bye, Lenin ! » en 2003 et « Inglorious Basterds » en 2009. On note immédiatement la richesse et la qualité des effets spéciaux de ce film car de nombreux robots sont présents à l’écran (dont un chat très réussi). Bien que l’action soit supposée se situer en 2041, il aurait été difficile de savoir à quelle époque se déroule cette histoire sans ces nombreuses entités mécaniques. Mais au delà de la robotique pure, c’est surtout la question de l’intelligence artificielle qui se pose ici puisque malgré les avancées visibles du côté matériel de ces machines, il faut encore trouver un humain pour modeler un androïde crédible du point de vue des sentiments exprimés.
Diverses émotions humaines sont donc explorées au long du film, avec une nette préférence pour la nostalgie, la passion amoureuse ou les regrets, et celles-ci prennent rapidement le pas sur les considérations robotiques du scénario. Cela est rendu possible grâce à des personnages simples mais très convaincants de l’entourage proche d’Alex (le personnage principal) comme son frère David avec qui il est en conflit, ou Lana, son amour de jeunesse. L’ambiance froide et calme de l’environnement et des décors aide grandement à faire ressortir les sentiments de cette histoire avant-tout profondément humaine.
Le budget visiblement important du film lui permet aussi de bénéficier de jolis effets spéciaux en 3 dimensions censés représenter le caractère des robots. Ce sont d’ailleurs ces effets que l’on retrouve dans le somptueux générique d’ouverture, où le réalisateur espagnol Kike Maillo démontre son sens de la finesse et du détail que l’on retrouve ensuite dans le travail effectué sur les émotions des protagonistes.
Un beau film où l’élément fantastique n’est finalement pas si prépondérant, mais donne l’occasion de raconter une histoire profonde et touchante. Les amateurs de réflexions poussées sur la robotique et l’intelligence artificielle pourraient en revanche être un peu déçus car ces concepts finissent par être progressivement mis de côté à mesure que l’histoire avance. Une belle histoire malgré tout pour ce film qui a déjà été récompensé en 2011 à la Mostra de Venise et au Festival International du Film de Catalogne.
Jérôme
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