Synopsis : Après que la diabolique reine Ravenna réclame la mort de Blanche-Neige, la plus belle du royaume qu’elle jalouse plus que tout, elle demande au chasseur répondant au nom d’Eric de la tuer. Cependant, lorsque ce dernier tente de tuer la princesse, il se prend d’affection pour elle et se retourne contre la reine, désobéissant aux ordres. Cette nouvelle version diffère de l’histoire initiale puisque le chasseur permet à la jeune fille de vivre et au lieu de l’abandonner dans les bois, il décide de l’entraîner au combat en devenant son mentor et son protecteur. Il se montrera très sévère vis-à-vis de Blanche-Neige, mais il lui enseignera la force et l’endurance nécessaire pour combattre les monstrueuses créatures de la forêt. Blanche-Neige apprendra à monter à cheval, et deviendra redoutable dans le maniement des armes. La guerre contre les armées de la Reine commence alors, avec Blanche-Neige en tête de file et aidée de ses amis les nains.

L’histoire de Blanche Neige et de ses 7 nains a été déclinée depuis 2 siècles sous plusieurs dizaines de formes, formats, films, comédies musicales et autres pièces de théâtre, à un point tel que la genèse en est floue, et même le conte originel des frères Grimm, écrit en 1812, (Tiens, 200 ans, pile !) n’est pas lui-même une création mais rapporte une vieille légende germanique. C’est dire si l’histoire inscrite dans l’inconscient collectif, aidé en ça par sa version la plus identifiable, à savoir le dessin animé produit par Walt Disney il y a 75 ans, en 1937.

C’est sans doute pour ça que Snow White and the Huntsman (Blanche Neige et le chasseur) ne s’embarrasse pas de justifications quand aux diverses rencontres qui jalonnent la pérégrination de Blanche Neige. Pas moins de 4 noms au générique signent l’adaptation du film et pourtant les errances de Blanche Neige et de son Thoresque compagnon sont jonchées d’apparitions fantasmagoriques que ni la légende ou la magie ne peuvent vraiment justifier : ici une forêt hantée, là un village de femmes balafrées, et hop! des nains, 7 nains, et le clou, Mesdames et Messieurs, un grand cerf blanc aux bois géants. Et c’est bien là le problème : on s’ennuie. Il ne suffit pas de montrer les choses, il faut les raconter, et c’est même là toute la difficulté de l’art du cinéma.

C’est dommage, ceci pour 2 raisons : tout d’abord l’univers est séduisant, les effets spéciaux sont soignés et réussis et les décors sont impressionnants ; ceci est à noter, car à l’heure où le numérique arrive à maturité, les images n’impressionnent plus et l’imagination et le talent reprennent leurs droits.

Ensuite, le casting est brillant. Pour les amateurs : Charlize Theron est magistrale en Reine / sorcière, son méchant frère, Sam Spruell (Elizabeth: The Golden Age) est acrimonieux à souhait, et les 7 nains sont incarnés par ce qui se fait de mieux en ce moment dans le cinéma d’auteur Anglais; accrochez-vous : Ian McShane (Deadwood), Bob Hoskins (Danny the Dog), Ray Winstone (Hugo Cabret), Nick Frost (Shaun of the Dead), Eddie Marsan (Sherlock Holmes), Toby Jones (Infamous) et Johnny Harris (Black Death)… On se demande d’ailleurs un peu pourquoi prendre de tels acteurs et les grimer à un point où ils sont difficilement reconnaissables et ou le latex altère la précision du jeu ; m’enfin…

Autre point déconcertant, puisqu’on y est : le fil rouge de l’histoire est basé sur le fait que la jeune Blanche Neige devient à l’adolescence plus belle encore que Ravenna la méchante Reine : alors donc Kristen Stewart (Twilight) – qui peut aussi être lumineuse, comme elle l’a été dans Into the Wild du non moins étincelant Sean Penn - serait plus belle que Charlize Theron ?! Cherchez l’erreur… Et c’est là que l’on rejoint le fond du problème: le film ne pas fait les efforts nécessaires sur les points qu’il considère comme acquis, où les gens ne feront pas attention, et ceci au profit sans doute de choix politiques et de concessions faites entre les producteurs. De même pour la structure narrative: on ne saura pas vraiment jusqu’à la fin qui des 2 bellâtres prétendants de l’albe princesse [Sam Claflin (Pirates des Caraïbes - La fontaine de jouvence) ou Chris The Huntsman Hemsworth (Thor)] sera finalement le Prince Charmant, comme un ménage à trois ou un couple moderne, ou peut-être ceci n’a finalement pas vraiment d’importance pour les personnes qui ont élaboré le film.

Voilà. Il nous reste un film de divertissement que les enfants apprécieront sans se poser de question, que les critiques vont dévorer tout cru sans aucun doute, et dont l’exploitation mondiale remboursera son investissement… ou pas.

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    J’ai, de mon côté, beaucoup apprécié le film. Concernant le paragraphe qui précède la conclusion de cet article, je ne suis pas d’accord. Concernant la beauté de Blanche-Neige par rapport à Ravenna, on comprend rapidement que Blanche-Neige possède une beauté INTERIEURE plus importante que Ravenna. Alors certes, ceci n’est jamais surligné, mais plusieurs scènes tendent à prouver cet état de fait: la rencontre avec le Cerf dans le Sanctuaire, le lien avec les oiseaux en début de film, la facilité avec laquelle Blanche-Neige motive les troupes à la fin, etc…

    Concernant le Prince Charmant, une fois de plus le choix de Blanche-Neige est indiqué dans le métrage. Il faut pour cela se rappeler de la scène du baiser, qui ne fait aucun effet lorsqu’il est donné par William, mais qui réveille la princesse quand c’est au tour du Chasseur d’en offrir un. De plus, cette situation n’est pas figée, une trilogie étant prévue.

    Le grand défaut du film est, selon moi, l’absence d’un jeu d’acteurs époustouflant. Les comédiens sont les personnages, mais aucun n’est marquant, les interprètes et leurs rôles se limitent à des archétypes. Heureusement, ceci est contrabalancé par la capacité du film à m’avoir fait voyager. Que ce soit grâce aux plans aériens semblables à ceux du Seigneur des Anneaux, aux décors variés, exotiques et travaillés, à la multitude de personnages secondaires et de créatures ou, bien sûr, grâce à une direction artistique exemplaire. Le Sanctuaire et l’Obscure Forêt sont des endroits très travaillés, le Miroir possède un design singulier, Ravenna et ses costumes éblouissent, etc, etc…

    Bref, c’est conquis que je suis sorti de la séance, et je pense qu’il faut donner une chance à ce (premier) métrage, car je sens un potentiel énorme de la part du réalisateur et de l’univers présenté.