[Critique] Beast de Christoffer Boe (Gérardmer 2012)

[Critique] Beast de Christoffer Boe (Gérardmer 2012)

Synopsis : Bruno aime son épouse Maxine. Mais son amour, tout comme son apparence physique, commencent lentement à se transformer… Et Bruno reste impuissant face à ce quelque chose qu’il sent bouillir en lui. Car il n’est plus possible de faire demi-tour lorsqu’on explore le côté sombre de l’amour pour n’y trouver que pouvoir, haine et violence.

Film danois présenté comme un film de monstre sur fond d’histoire d’amour, il s’agit en fait d’un drame passionnel oppressant et métaphorique. Le réalisateur Christoffer Boe utilise une image froide et crue typique du cinéma nordique pour mettre en scène un couple où l’union n’est plus de mise depuis un moment. Pourtant, Bruno (Nicolas Bro) aime passionnément Maxine (Marijana Jankovic), peut-être un peu trop même car il est étouffant et s’emporte régulièrement dans des colères aussi déroutantes que soudaines, il est en effet persuadé que son amour est à sens unique.

Le souci c’est qu’on comprend assez vite la situation d’ensemble et on se doute que tout ça va finir par violemment déraper, or le dérapage en question se fait vraiment attendre. Néanmoins, les situations du quotidien et les scènes plus inquiétantes se succèdent à un bon rythme, et le réalisateur n’hésite pas à filmer même les plus simples conversations sous de nombreux angles différents, avec parfois des plans comprenant des miroirs qui n’ont pas dû être simples à mettre en place. Ce rythme soutenu aide en tout cas à maintenir l’attention du spectateur.

L’acteur principal est tellement habité par son rôle qu’il semble parfois véritablement possédé. C’est sans aucun doute l’un des plus gros points forts du film et sans cette interprétation on sombrerait rapidement dans l’ennui. Le jeu de Nicolas Bro est si impressionnant que la tension distillée par son personnage ne cesse de croître au fil du métrage. Il est toutefois dommage que la situation (bien comprise au bout de 30 minutes) n’évolue pas plus que ça ! On attend alors longuement le dénouement tragique qui se dessine tout au long de l’avancement de l’histoire, et lorsque celui-ci finit enfin par arriver, on ne peut qu’être déçus par son manque d’envergure autant qu’on est surpris par sa forme.

Malgré tout, le film possède de grandes qualités cinématographiques en raison de sa richesse visuelle pour une histoire finalement presque banale qui mériterait de basculer beaucoup plus franchement dans le domaine du fantastique, et qui devrait surtout le faire beaucoup plus tôt ! A voir ne serait-ce que pour le jeu de son interprète principal…

Jérôme

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