Synopsis : Afin d’échapper à la violence du père de son fils âgé de 8 ans, Anna s’enfuit avec Anders pour s’installer en secret dans un grand immeuble résidentiel. Terrifiée à l’idée que son ex-mari ne les retrouve, Anna achète un babycall pour s’assurer qu’Anders soit en sécurité pendant son sommeil. Mais des bruits inquiétants semblent provenir d’un autre appartement : grâce au babycall, Anna entend même ce qu’elle croît être le meurtre d’un enfant. De son coté, Anders se prend d’amitié pour un mystérieux garçon aux cheveux noirs qui va et vient comme bon lui semble. Celui-ci aurait-il un lien quelconque avec les bruits entendus ? Pourquoi y a-t-il du sang sur un dessin d’Anders ? Sont-ils tous en danger ?

Une mère fragile seule avec son enfant, des décors froids et austères, l’image typique des films nordiques : à priori on est bien partis pour un thriller urbain qui ne va pas faire dans la dentelle. Et pourtant « Babycall » est à la fois moins visuel que ça et surtout bien plus complexe que ça ! Si l’intrique met un peu de temps à commencer à dévoiler son côté le plus sombre, on a du mal à se détacher de ce qui se passe à l’écran tant cette mère blessée et psychologiquement affaiblie par son ex-mari et qui veut à tout prix protéger son enfant est touchante mais aussi troublante car consciente de sa névrose.

Noomi Rapace se révèle être une grande actrice car elle interprète ici un personnage faible, tourmenté, parfois pathétique et dépassé par les événements inhabituels qui l’entourent à mille lieues du personnage de Lisbeth Salander qui l’avait fait connaître dans la série (ou les films) « Millénium » en version suédoise. Même physiquement parlant, on a du mal à reconnaître l’actrice qui apparaît ici amaigrie, sans fard et rarement bien apprêtée. Les personnages sont très peu nombreux et seuls trois ou quatre seconds rôles récurrents viennent épauler la principale protagoniste avec une mention particulière pour les deux enfants très convaincants malgré leur interprétation tout en réserve.

La tâche n’est pas simple pour le spectateur car le point de vue exprimé est celui d’Anna, le personnage principal du film, or même celle-ci a du mal à faire la part des choses parmi les événements dont elle est témoin. Il faut donc s’accrocher jusqu’au bout pour bien saisir les tenants et les aboutissants d’une histoire étonnamment complexe et déroutante pour un point de départ qui paraissait pourtant simple…

Un film qui est loin de respirer la joie de vivre (c’est même tout le contraire) mais qui saura faire frissonner d’horreur ceux qui voudront bien s’y perdre durant 95 minutes. Noomi Rapace y est moins percutante que dans les « Millénium » mais tout aussi impressionnante grâce à son jeu intimiste et rempli d’émotion.

Jérôme

Par

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